L'Ircad désormais bien en selle aux haras

Philippe Wendling

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L'Ircad veut transformer le haras en une pépinière d'entreprises du secteur médical.
L'Ircad veut transformer le haras en une pépinière d'entreprises du secteur médical. — G. VARELA / 20 MINUTES

Le projet de réhabilitation des haras nationaux ne devrait plus rencontrer d'obstacle. Les conseillers municipaux ont validé hier la location du site de la rue Sainte-Elisabeth à l'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif (Ircad). Consenti pour « une durée de cinquante-deux années », le bail emphytéotique porte sur une redevance de 4 millions d'euros (lire l'encadré). L'institut compte y développer, d'ici à deux ans, un complexe immobilier alliant un hôtel quatre étoiles et une brasserie. Mais aussi, et surtout, des salles permettant l'organisation de formations et « un biocluster », c'est-à-dire une pépinière d'entreprises, normalement vingt-et-une, spécialisées dans le dispositif médical (robotique, imagerie, etc.).

En juillet, les élus avaient déjà approuvé le principe d'une collaboration entre la ville et l'Ircad puis, en octobre, voté la désaffection du site. Problème, plusieurs voix s'étaient élevées entre-temps contre le projet. Un collectif, par exemple, l'estimait « trop lourd » pour un tel joyau architectural du XVIIe siècle devant renouer avec sa vocation équestre. Le 5 novembre dernier, le conseil de quartier Gare-Kléber (Coq) avait pour sa part émis un avis défavorable au complexe en raison du fort « pourcentage » de surfaces réservées à des activités commerciales. Le Coq avait surtout déploré que la mairie ne lui confie pas l'étude du projet plus en amont. Une consultation tardive non retenue qui a « fait craquer le vernis démocratique dont vous vous parez », a lancé hier l'élu UMP Robert Grossmann à Roland Ries. « J'ai toujours dit que les conseils de quartier avaient un avis consultatif, a répondu le maire PS. Je n'ai jamais laissé entendre que leur avis serait décisionnel. » La finalité scientifique du biocluster n'a néanmoins pas été remise en cause. Le qualifiant de « pari audacieux », sa réalisation est « une question de rayonnement pour notre ville », estime le professeur et élu de la majorité Israël Nisand. Il devrait permettre, selon lui, de faire de Strasbourg la « ville numéro un au monde pour l'éducation à la chirurgie ». L'Ircad a formé 3 724 chirurgiens originaires de 92 pays en 2008. En raison de l'exiguïté de ses locaux, l'institut a été contraint d'annuler cinq séminaires cette année. Son projet, estimé à 17 millions d'euros, sera principalement financé par des capitaux privés. W