« Six cents Alsaciens ignorent encore leur séropositivité »

Recueilli par Sonia de Araujo

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G. VARELA / 20 MINUTES

Comme chaque année, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, Aides se mobilise...

Dragan Stosics : Nous organisons en effet une grande opération de sensibilisation, aujourd'hui à 10 h, place de la République.

L'Alsace est une des régions françaises où le taux de découverte de séropositivité est le plus élevé [135 découvertes en 2008]. Comment l'expliquez-vous ?

En partie par un recours plus fréquent au dépistage. En Alsace, plus de 1 600 personnes savent qu'elles sont séropositives, mais il en reste encore environ 600 qui l'ignorent. Et c'est sur ce point qu'il faut travailler. Plus tôt la maladie est dépistée et le traitement commencé, moins vite la contamination progresse.

Pourquoi l'épidémie ne faiblit pas ?

Le sida, on en parle beaucoup moins qu'avant. La maladie s'est banalisée. Du coup, les prises de risque augmentent chez les jeunes, notamment chez les hommes homosexuels et bisexuels. C'est d'ailleurs la population la plus touchée en Alsace. Ils ont de moins en moins recours au préservatif. Un important travail de sensibilisation doit être mené. Un coup médiatique par an ne suffit pas. L'Etat doit réagir et autoriser les assoces de lutte contre le sida à effectuer un dépistage dans leurs locaux.

Qu'en est-il de l'accès aux soins en Alsace ?

Grâce au régime local, les personnes séropositives sont très bien prises en charge. Les taux de remboursements des frais médicaux sont plus favorables. Le problème réside plutôt dans l'accompagnement des personnes séropositives migrantes qui viennent se soigner à Strasbourg. Leur titre de séjour d'un an n'est que rarement renouvelé. Or, on ne peut pas les renvoyer au bout de douze mois. Elles ont à la fois besoin d'être accompagnées sur le long terme et d'une certaine qualité de vie - un toit où dormir, de quoi manger - qu'elles n'ont généralement pas dans leur pays. W