Les forains sceptiques sur la durée du marché

Sonia de Araujo

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Au lieu du 24 décembre, le marché de la place Broglie prolongera cette année jusqu'au 31.
Au lieu du 24 décembre, le marché de la place Broglie prolongera cette année jusqu'au 31. — G. VARELA / 20 MINUTES

Les sapins ont remplacé les gerbes de fleurs. Les commémorations de la Libération à peine achevées, la place Broglie a été investie dimanche par les forains. Construction des chalets, installation des marchandises, chacun s'active sur son stand pour être prêt samedi, date du début du marché de Noël. Pour la première fois cette année, tous les marchés de la ville fermeront le 31 décembre, comme c'était déjà le cas pour ceux des places de la Cathédrale et Benjamin-Zix. Une volonté de la municipalité qui, d'après elle, satisfait 73 % des commerçants non sédentaires interrogés.

Pourtant, du côté du Christkindelsmärik, place Broglie, certains forains restent sceptiques, notamment ceux spécialisés dans les décos. « C'est un essai, on verra bien si ça marche. Mais je doute que beaucoup de personnes aient envie d'acheter mes guirlandes après le 25 décembre. Surtout quand les grandes surfaces vendent dès début novembre leurs décos et commencent à faire des promos en décembre », regrette Bernard Meigel, administrateur au Syndicat national des forains. « On aurait aimé ouvrir une semaine plus tôt. Avec un peu de chance, nos ventes à partir du 25 décembre rembourseront les frais supplémentaires engagés : la location d'un logement et le salaire de mes quatre employés », ajoute-t-il. Pour attirer le chaland, Jean-Louis envisage, lui, de diminuer ses prix après Noël. « Cela me permettra d'écouler les stocks, nos décos vieilles de deux ans. »

D'autres encore, espèrent pouvoir fermer une heure plus tôt si les clients ne sont pas assez nombreux. Très attaché aux traditions, Claude Cornoueil, le président national des commerçants non sédentaires, est l'un des plus fervents opposants à cette initiative et pense « faire grève le jour de Noël ». « C'est une fête familiale et religieuse, j'estime que nous aussi avons le droit de rester avec nos proches. » D'après lui, la moitié des forains de la place Broglie pense baisser le rideau le 25 décembre. « Ce chiffre est très exagéré. C'est de l'intox », rétorque Eric Elkouby (PS). L'adjoint en charge des foires et marchés se veut toutefois compréhensif. « Nous respecterons les croyances de chacun. Nous n'obligerons pas les forains qui ne le souhaitent pas à travailler le jour de Noël. En revanche, concernant les horaires d'ouverture, il y a un règlement et il faudra le respecter. » W