« Au fond, je suis un affectif, un romantique »

Recueilli par Philippe Wendling

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Vous publiez jeudi un livre d'entretiens. Pourquoi ?

Robert Grossmann : Les mauvaises langues diront que je fais une psychothérapie, pour oublier la défaite aux municipales de 2008 mais ce n'est pas le cas. C'est le journaliste Eric Vial qui m'a proposé de le faire, j'ai dit d'accord. Je cherche juste à dire qui je suis. La rumeur comme les caricatures me présentent comme quelqu'un de colérique, alors que je suis plutôt une personne sensible. Au fond, je suis un affectif, un romantique.

Est-ce un moyen de régler des comptes avec l'ex-maire (UMP) Fabienne Keller ?

On a travaillé ensemble, je ne vais donc pas cracher dans la soupe, mais la réalité est dans les faits. Ce que je relate est assez clair pour ne pas avoir à dire que telle ou telle personne est malveillante. J'ai décidé dans ce livre de ne pas faire de langue de bois, mais cela ne veut pas dire que je l'ai fait pour flinguer.

Selon vous, pourquoi avez-vous perdu les municipales 2008 ?

Si les élections s'étaient déroulées un an avant ou six ans après, les choses auraient été différentes. Trois jours avant le vote, il y avait plein d'affiches « Contre Sarko, je vote à gauche ». Les gens se sont défoulés. Il ne faut pas oublier que 120 villes dirigées par la droite ont basculé à gauche. Et puis, nous avons aussi été recalés parce que j'étais dépeint comme une grande gueule et Fabienne Keller comme une odieuse femme.

Vous dites : « Roland Ries est-il un faux gentil ou un vrai méchant, ou l'inverse ? » Alors ?

Ce n'est ni un vrai méchant ni un vrai gentil. Et c'est dommage, j'aurais préféré que ce soit un vrai gentil. Il donne l'impression que tout va bien, mais on s'aperçoit vite que ce n'est pas le cas. Je condamne surtout sa supercherie de démocratie participative. Il fait croire aux Strasbourgeois qu'ils décident au travers des conseils de quartier, mais c'est faux. Il est lui-même revenu sur cela en expliquant en conseil municipal que de toute façon ce sont les élus qui décident.

A la question « Où serez-vous en 2014 ? », soit aux prochaines municipales, vous répondez : « Je serai là. Là où on ne m'attend pas. » C'est-à-dire ?

Le député (UMP) François Loos dit : « Strasbourg m'intéresse. ». Fabienne Keller ne cache pas qu'elle veut reconquérir la ville. Je préférerais un vrai renouveau dans lequel je pourrais exercer un magistère d'influence. Si j'ai la forme, la frite, pourquoi alors ne pas être sur une liste, mais pas en tête en tout cas. W

A mots découverts, entretiens avec Eric Vial, Jérôme Do Bentzinger éditeur, 214 pages (14 euros).