Les gourmets vont pouvoir se priver d'effet de serre

Philippe Wendling

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« Un tiers des gaz à effet de serre émis se retrouve dans nos assiettes », déplore Jean-Michel Augé, président de l'association Objectif climat. En cause, les modes d'élevage, la transformation, le conditionnement et le transport des aliments. Les différentes étapes permettant la consommation d'un kilo de veau rejetteraient autant de gaz à effet de serre qu'une voiture parcourant 220 km. Pour sensibiliser les Alsaciens de manière « conviviale », Objectif Climat a convaincu vingt-cinq restaurants de la région*, deux restos U et autant de cantines scolaires à proposer un « menu sobre en carbone », jusqu'à la fin du mois. Selon les établissements, les repas seront servis quotidiennement ou certains jours seulement.

Au Cerf d'Or, à Strasbourg, le menu comprend notamment un filet de pigeon en croûte de pain d'épices et une tarte aux noix et sa crème anglaise « faite avec des oeufs de la région », précise Jean-Luc Erb. Depuis une dizaine d'années, le chef « s'approvisionne auprès de maraîchers, d'éleveurs et de chasseurs alsaciens » pour réduire les distances de transport et « faire marcher l'économie locale ». Son autre cheval de bataille, la chasse aux emballages superflus : « Pourquoi envelopper individuellement des poissons identiques dans des polystyrènes différents », s'interroge-t-il. « Plus un produit est emballé, plus il aura fallu d'énergie pour réaliser son conditionnement et plus il en faudra pour le recycler, explique Jean-Michel Augé. C'est pour la même raison, qu'il faut éviter les surgelés qui demandent beaucoup d'énergie pour les congeler puis les réchauffer. » Autre conseil pour réaliser un menu sobre en carbone chez soi, privilégier la viande de volaille au boeuf, un ruminant responsable « d'émissions directes de méthane ». W

* Liste sur www.objectifclimat.org.