L'économie alsacienne trop absente du WEB

Philippe Wendling

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Un manque de références loin d'être virtuel. Une première analyse de l'image de l'économie alsacienne sur Internet vient d'être réalisée pour le compte de l'Adira, l'agence de développement économique du Bas-Rhin. Son principe : recenser, à partir de mots clés précis, les occurrences liées au domaine économique régional sur les sites généralistes du « Full Web », ainsi que sur les réseaux sociaux et les blogs du « Web 2.0 ».

Parmi les enseignements de cet audit, les domaines de l'artisanat, de l'agriculture ne sont pas assez mis en avant sur les sites liés à l'économie. Même constat pour le tourisme, alors que « 70 % des chefs d'entreprise fondent leur perception d'un territoire au cours d'un voyage touristique professionnel ou familial », explique Vincent Froehlicher, directeur général de l'Adira. Autre conclusion de l'enquête, les institutionnels rencontrent des problèmes de référencement de leur page Web, car ils utilisent souvent un vocabulaire très différent de celui des internautes surfant sur les réseaux sociaux comme Twitter. Pour remédier à ce « décalage », Christophe Thil, gérant de Blueboat et concepteur de l'étude, préconise « la création d'un blog dédié à l'économie alsacienne » et encourage les professionnels à être plus présents, entre autres, sur Facebook. « Nous ne disons pas qu'il faut laisser tomber les messages institutionnels, mais qu'il faut créer un complément pour gagner en attractivité », précise Monique Jung, directrice adjointe de l'Adira.

« Nous devons nous adapter à de nouvelles cibles, ajoute Vincent Froehlicher. Aujourd'hui, nous ne parlons plus à des gros patrons comme il y a quelques années. Nous cherchons plus à encourager l'implantation de petites entreprises en technologie, dont les responsables sont plus jeunes, plus connectés. Ce sont des gens qui vivent 2.0. » Une raison pour laquelle il a créé il y a seize mois le réseau des Ambassadeurs d'Alsace. Son objectif : « Faire remonter des opportunités d'affaires dans la région. » Constitué actuellement de 550 membres, particulièrement actif sur Facebook, il devrait permettre très rapidement l'implantation d'une société américaine spécialisée dans les motos électriques et d'une boîte allemande de jeux vidéos. Plusieurs Ambassadeurs planchent également sur la création d'une « cantine geek », un espace dédié au co-working. L'Université de Strasbourg serait partante pour l'accueillir en ses murs. W