Moussa Azirar devant l'emplacement de son futur supermarché au Neuhof, hier.
Moussa Azirar devant l'emplacement de son futur supermarché au Neuhof, hier. — G. VARELA / 20 MINUTES

Strasbourg

« Il faut faire revivre ce magasin du neuhof »

Du Neuhof au Palais du Luxembourg en passant par le rayon alimentation. Moussa Azirar figure parmi les deux lauréats strasbourgeois du prix Talents des cités que décernera Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville, samedi au...

Du Neuhof au Palais du Luxembourg en passant par le rayon alimentation. Moussa Azirar figure parmi les deux lauréats strasbourgeois du prix Talents des cités que décernera Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville, samedi au Sénat. Le prix récompense « des créateurs d'entreprises dans les quartiers prioritaires ». Le projet de Moussa : ouvrir au début de l'année prochaine, avec l'un de ses frères, un supermarché Eco, rue Marschallhof. Il sera aménagé en lieu et place d'une supérette fermée en décembre 2008 après « quarante ans d'exploitation ».

« Quand j'étais petit, ma mère m'y envoyait cinq à six fois par jour pour chercher une baguette, une bouteille d'huile, se souvient le jeune homme de 25 ans. Depuis la fermeture du magasin, les habitants du quartier, surtout les personnes âgées, rencontrent beaucoup de difficultés et doivent marcher au moins 700 m pour faire leurs courses. » Dans une cité défavorisée, c'est une injustice de plus qui agace Moussa. Selon lui, les enseignes rechignent souvent à s'implanter au Neuhof « en raison de sa réputation haut les mains ». « Il faut faire revivre le magasin comme au bon vieux temps, mais avec une nouvelle génération d'entrepreneurs et d'employés. » Il compte embaucher à terme une quinzaine d'habitants du quartier. « Malheureusement, je ne pourrai pas faire plaisir à tout le monde, déplore-t-il. En même temps, je veux montrer l'exemple aux jeunes en leur disant que c'est possible de créer son commerce. »

Moussa ne cache néanmoins pas qu'il a galéré pour trouver une banque prête à lui accorder un crédit de 130 000 euros. Depuis, il a obtenu un soutien de la ville et de plusieurs fondations et infrastructures d'aide à la création d'entreprise. « Et pourtant, plaisante-t-il, je ne suis pas le fils de Nicolas Sarkozy, je n'ai pas eu de passe-droit. » Son supermarché disposera d'une surface de vente de 600 m2 et proposera 8 500 références de produits dans trois gammes de prix. « Comme il y a beaucoup d'allocataires du RSA au Neuhof, je ne pourrai pas vendre que des marques », explique-t-il. Le slogan de sa future boutique : « Payer moins, s'en aller loin. » W