Le trafic routier n'est pas au bout du tunnel Maurice-Lemaire

Philippe Wendling

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A l'appel de l'Association du massif vosgien (AMV), des élus vont manifester, ce matin, pour dénoncer la faible fréquentation du tunnel Maurice-Lemaire par les camions. Rouvert le 1er octobre 2008, après quatre ans de travaux, l'ouvrage relie Sainte-Marie-aux-Mines à Lusse. « Seuls 130 camions l'empruntent tous les jours », quand au moins 3 000 autres transiteraient par les cols de Bussang, de Saâles et du Bonhomme, dénonce François Tacquard, président d'AMV et conseiller général de Saint-Amarin.

« Nous voulons qu'une réglementation forte limite désormais le trafic dans les cols au seul transit interdépartemental », explique-t-il. L'AMV souhaite aussi que le prix d'accès au tunnel pour les poids lourds baisse de 57,50 à 30 euros.

Du côté de l'exploitant du tunnel, les Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), on considère aussi que « le trafic n'est pas satisfaisant ». Pour autant, on ne croit pas à l'incitation tarifaire. « Du 1er octobre au 31 mars, nous avons proposé une réduction de 50 % des tarifs pour les abonnés, sans constater d'impact significatif sur la fréquentation », précise Nicolas Desbos, chef du district Sainte-Marie-aux-Mines pour APRR. Selon lui, pour inciter les routiers à recourir au tunnel, la législation doit être revue et le périmètre « stabilisé ». Il déplore, par exemple, que certains panneaux d'interdiction de trafic pour les camions soient toujours implantés le long des routes menant à l'ouvrage.

Michel Chalot, président régional du Syndicat des patrons transporteurs routiers, parle, lui, « d'un tunnel qui n'a rien d'attrayant. Les prix ne sont pas bons, et son accès est catastrophique. » Dans son collimateur, notamment, les bouchons récurrents à Châtenois sur la RN 59, qui mène au tunnel. Plusieurs fois repoussé, un contournement visant à désengorger le secteur devrait faire l'objet d'une déclaration d'utilité publique l'an prochain, en vue de sa réalisation en 2014. W