Le département sur le pied de guerre contre la grippe A

Ludovic Meignin Photo : Gilles Varela

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A vos seringues, prêts, partez ! Les autorités sanitaires ont réalisé, hier, une simulation de vaccination collective contre le virus de la grippe H1N1. L'exercice s'est déroulé dans la salle du Millenium, futur centre d'injections. Au total, il y en aura dix-neuf dans le Bas-Rhin (lire encadré). Ils seront activés le 15 octobre, mais la campagne de vaccination effective sera lancée plus tard.

« Les doses devraient être disponibles seulement début novembre », indique Laurence Fritz, chargée du dossier à la direction des affaires sanitaires et sociales (Ddass) d'Alsace. Outre les professionnels de santé, les personnes les plus fragiles en seront les premiers bénéficiaires. Les femmes enceintes, l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois et les tout-petits souffrant de pathologies figurent en tête de la liste. Chaque assuré social recevra un courrier l'invitant, le moment venu, à se présenter dans un centre à proximité de son domicile. « Au début, ils seront ouverts en journée et parfois les samedis et le soir. Par la suite, les horaires d'ouvertures seront élargis si besoin », précise la Ddass, en ajoutant que « la grande inconnue reste le nombre de personnes qui décideront de se faire vacciner ».

L'organisation est d'autant plus sujette à des ajustements que les autorités concèdent être encore « loin du compte » en matière d'effectifs pour faire fonctionner les centres, dont les équipes compteront une quinzaine de personnes. Un appel au volontariat* est lancé. La campagne doit durer environ quatre mois. Le vaccin sera administré en deux piqûres, réalisées à trois semaines d'intervalle. Selon le professeur Daniel Christmann, chef du service des maladies tropicales et infectieuses aux hôpitaux universitaires de Strasbourg, « le vaccin est efficace à 80 % dès la première dose ». La seconde injection vise à protéger les sujets qui n'auraient éventuellement pas fabriqué d'anticorps dès la première piqûre.

Concernant la qualité du sérum, le médecin se montre rassurant : « Il a été fait dans les règles de l'art. Ses adjuvants sont déjà utilisés dans d'autres vaccins. » Quant à savoir si les autorités en font trop sur la grippe A, Daniel Christmann plaide pour l'application du principe de précaution. Il insiste sur le fait que « la pandémie n'est pas derrière nous, mais bel et bien devant nous. Il faudra être particulièrement vigilants début novembre ». W

* Renseignements : www.vaccinons-alsace.fr.