Un bus de revendications pour les mal-logés

Philippe Wendling

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L'association Droit au logement a manifesté hier matin place de Broglie.
L'association Droit au logement a manifesté hier matin place de Broglie. — G. VARELA / 20 MINUTES

La où la crise du logement aboie, leur caravane passe. Depuis le 22 septembre, une poignée de militants de Droit au logement (DAL) sillonnent la France pour dénoncer des « injustices » et « soutenir » les mal-logés ou sans-logis. Embarqués dans un vieux bus, ils ont fait étape hier à Strasbourg à l'occasion de la Journée mondiale de l'habitat. Rejoints par une quarantaine de membres locaux du collectif, ils se sont rassemblés vers 10 h place Broglie, à quelques pas de l'hôtel du préfet, avant de défiler vers le Parlement européen. Parmi leurs revendications : l'arrêt des expulsions sans relogement, la mise en place d'une taxation sur la spéculation immobilière et la réquisition des logements vacants.

Selon le DAL, entre 10 000 et 11 000 habitations seraient inoccupées dans la CUS. Pour inciter des propriétaires à mettre leurs biens sur le marché (de la vente ou de la location), la municipalité strasbourgeoise va instaurer au 1er janvier une taxe d'habitation pour les logements vacants depuis plus de cinq ans. Impulsée par les élus Verts, la mesure n'est légalement obligatoire que dans les communes de plus de 800 000 habitants. Elle pourrait concerner quelque 1 870 biens dans l'agglomération, d'après une recension effectuée l'an passé par la direction générale des impôts. « C'est un pas en avant, mais il faut faire attention qu'il n'y ait pas un ravin au bout, estime Sharif Ladaycia, président du DAL 67. Outre les taxer, il faudrait aussi exiger des propriétaires qu'ils louent les logements sans discrimination, c'est-à-dire à des gens qui ont des revenus faibles. »

Le collectif estime aussi qu'un système incitatif doit être mis en place pour encourager les propriétaires à rénover ces biens vides. Une doléance que ses représentants devraient soumettre lors d'une réunion sur le sujet samedi, à Philippe Bies, adjoint au maire (PS) chargé du logement. « Il faudrait encore que la ville mette en place comme déclencheur un outil géré par une structure du genre association à vocation sociale, explique Bernard, militant du DAL. Elle serait en charge d'informer les propriétaires des aides possibles en cas de rénovation de leurs biens, mais aussi de les assister pour monter leurs demandes de subventions et leurs dossiers de maîtrise d'oeuvre. » W