La musique électronique diffuse son festival de réactions

Ludovic Meignin

— 

Pour Jean, ce ne sont pas les riverains qui profitent le plus du festival.
Pour Jean, ce ne sont pas les riverains qui profitent le plus du festival. — G. VARELA / 20 MINUTES

Pour certains riverains, Ososphère est surtout synonyme de nuits blanches. « Les concerts se poursuivent jusqu'au petit matin. Et quand la musique s'arrête enfin, il y a le bruit des engins de nettoyage qui entrent en action », s'indigne Lise, 24 ans, qui n'a pas pu dormir le week-end dernier durant le festival de musique électronique. Jean, un résident du quartier de 48 ans, est plus nuancé. Pour lui, l'événement a le mérite « de mettre un peu d'animation, même si les habitants n'en profitent pas forcément car il faut débourser 25 euros pour y entrer ».

Yanis, un autre riverain, est tracassé. « Pour ma femme et moi, ce n'est pas gênant. En revanche, pour mon père qui est âgé, c'est problématique. Il a été relogé à l'hôtel pendant le festival. » Les organisateurs proposaient en effet cette solution aux riverains. « Cette année, seulement une dizaine de personnes demandaient à bénéficier de ces chambres », précise le directeur du festival, Thierry Danet. Ce dernier préfère miser sur le contact direct avec la population. Et même s'il y a des mécontents, il estime que les riverains ont été suffisamment informés en amont, par un courrier déposé dans leur boîte aux lettres, des mesures prises pendant le festival (restrictions de circulation et de stationnement). Sur le fond, Thierry Danet estime « que l'Ososphère remplit une fonction importante à Strasbourg qui revendique son statut de ville culturelle. » D'ailleurs, le festival de musique a prouvé une fois de plus sa popularité ce week-end. Pas moins de 10 000 personnes ont défilé dans le quartier de la Laiterie pour assister à l'événement. Quant au bruit inévitable généré par la musique et la foule, Thierry Danet le trouve minime par rapport à l'impact culturel du festival sur la ville : « Si l'on devait tout considérer sous l'angle des nuisances, alors on devrait aussi arrêter le marché de Noël. » W