Le site Fischer ne brasse plus que du vent

Philippe Wendling

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La« soutireuse » et la « boucheuse » transférées hier à la Brasserie l'Espérance.
La« soutireuse » et la « boucheuse » transférées hier à la Brasserie l'Espérance. — G. VARELA / 20 MINUTES

La mise en bière du site Fischer est proche. D'ici à la semaine prochaine, la brasserie de Schiltigheim ne servira plus qu'à « stocker des palettes ». L'ensemble de ses équipements seront transférés avant la fin de l'année vers l'usine de l'Espérance, distante d'à peine quelques centaines de mètres, et vers d'autres sites du groupe Heineken, notamment en Afrique et en Indonésie. Symbole de ce déménagement, une « soutireuse », une « boucheuse » et une « laveuse » de bouteilles de 60 tonnes ont été transportées par la route de Bischwiller (partiellement fermée pour l'occasion), hier entre 6 h 45 et 7 h 45. Annoncée en 2008, la fermeture de l'usine répond à un besoin de « modernisation » des outils de production de son propriétaire, Heineken, qui souffre d'un manque de compétitivité.

« Nous avons produit le dernier brassin sur le site Fischer en août, expliquait hier Jan-Willem Kroonen, directeur du pôle Alsace d'Heineken. Les groupes chargés du verre perdu et du reconditionnement des bouteilles arrêteront ce vendredi. Il n'y aura alors plus d'activité de production et de conditionnement dans la brasserie. » Les bières Fischer seront désormais élaborées à l'Espérance, où la moitié des 130 employés de la brasserie ont déjà été réaffectés. « En ce qui concerne les autres, 52 % ont reçu des propositions fermes de reclassement et 23 % ont des pistes, comme la création de leur propre société », précise Jan-Willem Kroonen qui insiste sur le fait que « des entretiens sont en cours » pour les 25 % restants. Le plan social, qui concerne les employés Fischer et ceux de l'Espérance, prévoit actuellement la suppression de 114 postes, contre 126 initialement. Hier, aucun syndicaliste n'était joignable. A la fin du mois de juin, le délégué CFDT, Scichilone Calogero, se disait inquiet pour les personnes « n'ayant pas encore de solution vu la conjoncture ». Autre question encore en suspens, l'avenir du site Fischer, qui s'étend sur 4 ha et abrite 4 000 m2 de surface de stockage. « Nous voulons d'abord régler les problèmes sociaux avant de régler cette question, avance Jan-Willem Kroonen. Nous déciderons l'an prochain du futur de la brasserie en partenariat avec la mairie de Schiltigheim et la CUS, car nous ne voulons pas qu'elle devienne une friche. » W