Noces aux frais de la princesse

Philippe Wendling Photos : Gilles Varela

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Ils se marièrent et eurent beaucoup de sponsors. Aurore et Alexandre en rêvent. Le couple de Strasbourgeois propose à des sociétés de subventionner leur union, prévue le 22 mai, en échange d'articles sur un blog*. « Un mariage coûte au minimum 12 000 euros, estime Aurore, 27 ans, doctorante en archéologie. Nous ne disposons que de 10 000 euros. » Un budget serré avec lequel ils espèrent substanter 150 invités, acheter les costumes et les alliances... « Si nous cherchons à obtenir des choses gratuitement, nous n'accepterons néanmoins pas de devenir des mariés sandwichs », précise Alexandre, 30 ans, commercial en assurance. Bien au contraire, les futurs époux se refusent, par exemple, d'apposer tout logo sur leurs invitations, leurs costumes ou dans la salle de cérémonie.

Inspirée d'une pratique répandue dans le show-biz, la méthode est en vogue dans les pays anglo-saxons depuis dix ans. En France, elle n'a été expérimentée que par une poignée d'amoureux. Aurore et Alexandre sont les premiers à la tester en Alsace. « Pourquoi attendre d'être une célébrité pour avoir des choses gratuitement ?, s'interroge Aurore. Les entreprises sponsorisent des manifestations sportives, des voyages... Au même titre, notre mariage est un événement important. »

Comme pour toute fête, les futurs époux ont commencé par chercher des prestataires. « Ensuite, nous leur expliquons notre concept en mettant en avant la plus-value publicitaire que leur offre notre site Internet. Nous vivons dans une société de communication, il faut utiliser toutes les armes à notre disposition. » Et après trois mois de pérégrinations, ils ont déjà économisé plusieurs milliers d'euros. Outre une infographiste qui a créé à l'oeil leur blog, ils ont obtenu, entre autres, des promesses d'une coiffeuse, des faveurs d'une créatrice de bijoux et d'un traiteur. Parce qu'il a « eu un feeling » pour la mariée qu'il ne connaissait pourtant pas avant l'été, cerise sur le gâteau, Christophe Birgel, un styliste de Schiltigheim, va même confectionner gratuitement sa robe. Une pièce unique, demandant 140 à 160 h de travail, qu'il aurait facturée 3 000 euros. Aurore et Alexandre n'ont qu'à fournir le tissu. « Mais ils auront le même service que mes clients qui payent, précise Christophe Birgel. Aurore a envie d'un mariage de rêve, mais ça coûte de plus en plus cher. Moi, je trouverai toujours des gens pour payer mes créations et puis si ça peut me faire un peu de pub, c'est toujours bien. » Les futurs époux ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin et recherchent maintenant des sponsors pour des faire-part et un voyage de noces. Mais préviennent-ils, cela prend du temps. Durant l'été, Aurore y a passé toutes ses matinées. Depuis la rentrée, elle y consacre au moins une heure par jour. W

*http://marieznous.canalblog.com