Le crash du mont Sainte-Odile est désormais une affaire classée

Philippe Wendling
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Alvaro Rendon, président de l'association de victimes Echo, lors du procès en appel.
Alvaro Rendon, président de l'association de victimes Echo, lors du procès en appel. — P. SAUTIER / SIPA

   Le dossier se referme près de dix-huit ans après le crash du vol Lyon-Strasbourg, qui avait fait 87 morts le 20 janvier 1992. La Cour de cassation a débouté, hier à Paris, les 110 parties civiles demandant l'annulation du jugement en appel du drame du mont Sainte-Odile. « L'enjeu principal du pourvoi était d'identifier les responsabilités, de critiquer un arrêt qui nous disait qu'il n'y a aucun fautif, explique David Gaschignard, avocat de l'association de victimes Echo. Tous les moyens présentés ont été rejetés. » 

   Alors qu'Echo appelait, notamment, à un réexamen de la responsabilité d'Airbus, les juges ont confirmé hier l'arrêt rendu par la cour d'appel de Colmar, le 14 mars 2008. Celui-ci écartait la responsabilité de l'avionneur et annulait le versement de 500 000 euros à Echo, au titre des frais de justice, décidé en première instance en 2006. L'arrêt confirmait aussi la relaxe du concepteur de l'avion, d'un contrôleur aérien ainsi que de quatre anciens cadres d'Air Inter et de la Direction générale de l'aviation civile. La Cour de cassation a, en revanche, estimé hier que les juges colmariens auraient dû autoriser les caisses primaires d'assurance-maladie à présenter leurs créances au procès pénal. 

   « Si nous sommes soulagés d'avoir fait ce que nous avions à faire, c'est une déception, car nous pensions que la justice nous laisserait une porte d'entrée vers la vérité, confie Alvaro Rendon, président d'Echo. Pour nous, des négligences auraient dû être reconnues. Mais le plus désolant, c'est le message transmis ici aux victimes des catastrophes aériennes qui se succèdent : "Ce n'est pas à vous de chercher les causes des accidents." » W