Des enseignements de plus en plus courtisés

Sonia de Araujo

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Comme tous les jours depuis une semaine, il y avait la queue,

hier, devant le bureau 21 du Palais universitaire de Strasbourg. Bulletin d'adhésion en main, une quinzaine de personnes attendaient patiemment de pouvoir s'inscrire à l'un des 844 cours proposés par l'Université populaire européenne. « Nous sommes pris d'assaut, commente Michèle Zoog, la secrétaire de l'association. Trente cours affichent déjà complets alors que la rentrée n'est que le 5 octobre. »

L'an dernier déjà, devant son succès (8 500 inscriptions), l'Université ­- qui fêtera, en 2010, ses 90 ans d'existence - avait dû refuser du monde. Pour éviter ce genre de désagrément, certains, comme Susana, jeune retraitée, n'hésitent pas à développer des trésors d'imagination. « Avant la fin des cours l'an passé, j'ai laissé au secrétariat une enveloppe timbrée pour que l'on m'envoie au plus tôt les nouveaux bulletins d'adhésion. J'ai pu m'inscrire par courrier avant tout le monde. » Cours de langue, d'histoire, de sport ou de couture, l'Université populaire européenne ne cesse, devant la demande, d'étoffer une offre déjà pléthorique. Lucien Braun, son président, s'en félicite. « Les gens de tous âges viennent ici pour se former ou se distraire. Même si les étudiants sont, pour les deux tiers, des femmes, les cours sont ouverts à tous. Nul besoin d'avoir un diplôme et les prix sont attractifs [145 eur pour 39 h de cours]. » A l'Université populaire de la Krutenau, les inscriptions ont également démarré sur les chapeaux de roue. L'association poursuit d'ailleurs son expansion. Elle vient de signer une convention avec la ville de Bischheim afin d'y créer une antenne locale. Celle-ci vient s'ajouter à celles d'Hoerdt, Eschau et Eckbolsheim, également créées en 2009.

En Alsace, les universités populaires sont présentes dans une quarantaine de localités et comptabilisent 40 000 participants. C'est de Strasbourg et de Mulhouse que se sont développées, dans les années soixante, les Universités populaires en France, explique Denis Rambaud, l'adjoint mulhousien et président de l'Association des universités populaires de France : « Cet engouement s'explique par notre proximité avec l'Allemagne où ce type d'enseignement est très développé et par l'importance du protestantisme. En Alsace, le temps libre doit être utilisé à bon escient. C'est le terreau du loisir sérieux. » W

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