à Neudorf, Un éco-logis sort de terre La semaine prochaine

Philippe Wendling

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Bruno Parasote, devant le terrain où sera construit l'écoquartier sur l'Ilot Lombardie.
Bruno Parasote, devant le terrain où sera construit l'écoquartier sur l'Ilot Lombardie. — G. VARELA / 20 MINUTES

Respect de l'environnement et mixité sociale auront bientôt pignon sur rue. Dans les cartons depuis 2004, le projet d'écoquartier Eco-logis entrera mercredi dans sa phase de construction rue de Lunéville, sur l'Ilot Lombardie à Neudorf. « Fin septembre, toute la structure de bois sera posée », s'enthousiasme Bruno Parasote, président de l'association Eco-Quartier. Futur habitant des lieux, il est aussi l'initiateur de ce logement d'un genre tellement nouveau qu'il serait le premier à voir le jour en France. L'une de ses spécificités, l'autopromotion, c'est-à-dire l'absence totale d'un promoteur immobilier.

Ses copropriétaires ont déterminé eux-mêmes, avec un architecte, sa taille et sa forme selon leurs besoins, ainsi que les matériaux nécessaires à sa construction. De leurs pérégrinations naîtra dans un an un immeuble de trois niveaux avec attiques d'une superficie de 1 500 m2, comprenant onze logements allant du studio au six pièces. Il sera aménagé sur un terrain de 17,4 ares vendu par la CUS. Son prix au m2 est estimé à 3 000 euros.

« Au début, nous étions une quarantaine de personnes, précise Bruno Parasote. Mais comme cela a pris du temps, notamment pour trouver un terrain, certains sont partis. Aujourd'hui, nous sommes onze couples, familles ou personnes seules », soit une vingtaine d'adultes et une douzaine d'enfants. De milieux socioprofessionnels différents, âgés de 30 à plus de 70 ans, ils se sont tous réunis autour d'« une valeur écologique commune ». Aussi, l'immeuble poussera en ville pour « éviter l'étalement urbain » et sera « intégralement en bois, un matériau dont la fabrication consomme peu d'énergie, capte le CO2 et est recyclable, précise Bruno Parasote. Nous allons aussi installer 27 m2 de panneaux solaires, une isolation renforcée, une chaudière gaz... » Les installations permettraient une consommation d'énergie cinq fois plus basse que la moyenne.

« Si les matériaux choisis sont un peu plus chers, nous devrions amortir leurs coûts avec les charges et gagner en confort, estime Julien Baudry, futur proprio d'un duplex de 120 m2. Dans le but d'économiser des surfaces pour sortir d'une urbanisation à outrance, nous avons aussi prévu des pièces collectives. » Ainsi, les habitants partageront une salle des fêtes, une chambre d'amis, un coin bricolage et un jardin. Une perspective qui réjouit Irma Vogel, 55 ans, administratrice dans le milieu de la recherche. « Je ne serai pas avec des anonymes comme dans un immeuble classique et il existera une solidarité. » Quant à d'éventuelles engueulades de voisinages, elle n'y songe même pas. « Ce groupe existe depuis cinq ans et nous nous voyons très souvent. Nos décisions ont toujours donné lieu à des discussions, des consensus, jamais à des clashs. Et puis chaque famille aura son propre appartement, nous ne sommes ni une communauté, ni une secte. » W