Chez Osram, médiation exigée et baisse de salaires gelée

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A l'usine Osram de Molsheim.
A l'usine Osram de Molsheim. — F. FLORIN / AFP

« Nous avons remporté une première bataille, mais nous n'avons pas gagné la guerre. » Les ouvriers de l'usine Osram de Molsheim ont obtenu vendredi du tribunal de grande instance de Saverne la mise en place d'une médiation de trois mois, renouvelable une fois, avec leur direction. Ils avaient saisi la justice après que le fabricant d'ampoules leur ait soumis, en janvier, une baisse de salaires de 12,5 % sur trois ans pour « pérenniser l'emploi ». En cause, l'interdiction des ampoules à incandescence, prônée par une réglementation européenne, qui pourrait se traduire « par 400 postes en moins sur le site à l'horizon 2013 », explique André Le Bihan, directeur de l'usine.

Si quelque 500 employés avaient accepté un avenant à leur contrat, 108 l'avaient refusé et s'étaient vu proposer leur licenciement ou un reclassement interne à un salaire inférieur. Des mesures que contestent Force ouvrière et le comité d'entreprise d'Osram, les qualifiant de « frauduleuses » et contraires à un accord collectif conclu en 1999. Vendredi, les juges ont ordonné le gel du plan social ainsi que des réductions de traitement. Salariés et direction ont désormais deux semaines pour s'accorder sur le nom d'un médiateur. S'ils ne trouvent pas un accord, la justice en désignera un d'office. Massés devant le tribunal, tout en se déclarant satisfaits de ce « sursis », des ouvriers ont réclamé vendredi la démission d'André Le Bihan, leur directeur. W

P. W.