Arts déco, le choc de l'arnaque photo

Philippe Wendling et Anne Kerloc'h

— 

Quand l'hebdomadaire s'est aperçu de la supercherie, le magazine était imprimé.
Quand l'hebdomadaire s'est aperçu de la supercherie, le magazine était imprimé. — S. POUZET / 20 MINUTES

Une histoire loin des clichés. Mercredi, le magazine Paris Match

a remis à deux élèves de l'Ecole des arts déco de Strasbourg son grand prix du reportage étudiant et 5 000 euros de récompense. Intitulé « Mention rien, des diplômés option précarité », leur travail traite de la misère sur le campus. Au poids des mots répond le choc des photos. Le travail présente, par exemple, Emma, 23 ans, en master de philosophie qui explique que « pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit ». Seulement, réalisé avec l'aide d'amis et de profs, le photoreportage est bidon. Hier, sur son site Internet, le magazine a indiqué qu'en raison de cette « mise en scène photographique », il annule le trophée cette année.

« Nous avons constaté qu'en Afrique et en Inde, il fallait photographier des petits enfants aux grands yeux mouillés, et, partout dans le monde, insister sur la précarité, a confié hier à 20 Minutes l'un des deux imposteurs strasbourgeois. Notre projet, et la révélation finale du faux, qui en faisait la valeur, nous permettaient de nous exprimer sur une réalité actuelle, la précarité étudiante, qui existe, que nous voyons tous les jours, et auquel Match a été sensible, ce qui est louable. Mais aussi d'interroger les mécanismes de fabrication de l'info, de l'image. » W