Strasbourg : Une solution pour le camp de la place de l’Etoile trouvée, le feu d’artifice aura bien lieu

SOCIETE Les migrants qui avaient trouvé refuge depuis plusieurs mois sous des tentes place de l’Etoile ont été accompagnés par la ville dans un gymnase, où leur situation sera étudiée individuellement pour trouver des solutions d’hébergement

Gilles Varela
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Evacuation du campement de la place de l'Etoile à Strasbourg le 12 juillet 2022
Evacuation du campement de la place de l'Etoile à Strasbourg le 12 juillet 2022 — G. Varela / 20 Minutes
  • Depuis près de quatre mois, des tentes de fortune abritant des migrants fleurissaient, un peu plus chaque jour, place de l’Etoile à Strasbourg, aux pieds du bâtiment administratif de la ville et de l’Eurométropole.
  • Mardi, un collectif appelait à un rassemblement devant le bâtiment administratif pour demander des comptes à la ville, car le campement devait être évacué pour des raisons de sécurité, le site étant à proximité immédiate du pas de tir du feu d’artifice du 14 juillet.
  • Ce mercredi 12 juillet, le camp a été évacué sans intervention des forces de l’ordre, dans le calme. La ville a accompagné les migrants en bus vers un gymnase où ils seront à l’abri, alors que les services de la préfecture étudient leur situation et tentent de trouver une solution d’hébergement pérenne.

Quelques ballots, quelques migrants, des demandeurs d’asile, beaucoup de familles, venus principalement des pays d’Europe de l’Est mais aussi d’Afghanistan, de Tchétchénie ou de Syrie, finissent de plier tranquillement leur tente et de ranger leurs quelques affaires. Ce mardi en fin d’après-midi, à Strasbourg, le campement de la place de l’Etoile où ils s’étaient réfugiés n’est plus. Sous la présence discrète d’agents de la ville et le soutien d’associations, comme D’ailleurs nous sommes d’ici 67, les personnes qui occupaient les lieux, certaines depuis près de quatre mois, ont été accompagnées en bus dans un gymnase de la ville.

Là-bas, la préfecture étudiera dès ce mercredi leur situation afin de trouver des solutions pérennes, explique Floriane Varieiras, adjointe à la maire en charge de la ville inclusive. Une issue qui permettra également le tir du feu d’artifice du 14 juillet, un temps conditionné, selon la vice-présidente de l’Eurométropole Marie-Dominique Dreyssé, à une solution d’hébergement pour l’ensemble des migrants du camp.

Mardi après-midi, si Tonio Gomez, du collectif D’ailleurs nous sommes d’ici 67, présent sur le site, reconnaissait que la situation n’était plus tenable sur la place mais indiquait aussi redouter une « sélection » des migrants et « un dispatching assuré » dans tout le Grand-Est des personnes du camp évacué. Il se disait surpris également de n’avoir appris que mardi soir que la ville avait saisi le tribunal administratif pour demander « l’évacuation » du campement… Ce mercredi matin, la décision de justice étant tombée, favorable aux migrants, le collectif dénonce dans un communiqué la décision de la ville : « Honte à la mairie de Strasbourg qui expulse contre l’avis du tribunal administratif qui donne raison aux migrants du parc de l’Etoile. »

Evacuation du campement de la place de l'Etoile à Strasbourg le 12 juillet 2022
Evacuation du campement de la place de l'Etoile à Strasbourg le 12 juillet 2022 - G. Varela / 20 Minutes

« Une mise à l’abri dans le calme »

La demande d’expulsion administrative n’a pas été indiquée par la ville lors d’un rassemblement de personnes venues lui demander des comptes mardi, et tient plus du fait « des procédures administratives à suivre, illustre Floriane Varieiras, qu’à une simple envie d’expulsion » pour tirer le feu d’artifice. Cette saisie auprès du tribunal administratif a par ailleurs été demandée par la préfecture à la ville selon l’élue, qui précise que la collectivité et les autorités « ont fortement travaillé pour trouver une solution ».

« L’idée a toujours été une mise à l’abri des personnes dans le calme, de façon sereine, sans intervention des forces de l’ordre », souligne-t-elle. Pourquoi alors avoir autant attendu ? « Il fallait trouver une solution avec l’Etat, la ville, différents services, il a fallu un bon alignement des planètes. Il y aura toujours quelque chose à redire, ajoute Floriane Varieiras, mais aujourd’hui, on a montré qu’une évacuation de personnes, sans l’intervention des forces de l’ordre, était possible, et pouvait se faire dans le plus grand calme et dans le respect. C’est positif, et les personnes auront demain une proposition d’hébergement. »