L'abstention pourrait peser dans les urnes

Ludovic Meignin

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A deux jours des européennes, tous les partis en lice redoublent d'efforts

pour mobiliser les électeurs. Cela ne suffira peut-être pas à juguler la forte abstention qui marque habituellement ce scrutin. Celle-ci avait atteint 40 % dans l'Est en 2004. Même si les derniers sondages en date laissent présager une meilleure participation, chaque voix sera précieuse pour les dix neufs listes présentées dans la circonscription du grand Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté, Champagne-Ardenne et Bourgogne). Le degré de mobilisation sera d'autant plus déterminant pour la liste PCF-Parti de gauche, ainsi que pour celle du FN, toutes deux flirtant avec les 5 % d'intentions de vote (20 minutes du 3 juin). Or, pour rester dans la course à la répartition des sièges, il ne faut descendre en dessous de ce pourcentage de suffrages exprimés. La bataille s'annonce d'autant plus âpre que le grand Est comptera un élu de moins dans l'hémicycle. Leur nombre passe en effet de dix à neuf. Il s'agit d'une conséquence de l'élargissement de l'Union qui réunit désormais vingt-sept pays membres entraînant de fait une diminution des sièges à pourvoir par les eurodéputés français. La liste UMP-Nouveau-centre, conduite par l'alsacien Joseph Daul qui est élu depuis 1999 au Parlement où il préside le groupe PPE (Parti populaire européen), arrive pour le moment en tête des intentions de vote. Sa formation politique recueillerait 26 % des suffrages exprimés restant ainsi majoritaire dans l'hémicycle. Les socialistes arriveraient en deuxième position mais ils seraient cependant assez loin derrière avec 21 % d'intentions de vote. Si cela se confirme localement dimanche, ce serait une déconvenue pour le PS dont la liste du grand Est est conduite par l'ancien maire de Strasbourg, Catherine Trautmann. En 2004, les socialistes avaient obtenu quatre sièges dans cette circonscription et ambitionnent de faire au moins aussi bien lors du scrutin de dimanche.

Troisième place disputée

Les listes Modem et Europe Ecologie du grand Est, respectivement conduites par Jean-François Kahn et par Sandrine Bélier, se disputeraient quant à elles la troisième place. L'écart dans les intentions de vote étant très réduit entre ces deux formations politiques, là encore la participation s'annonce déterminante pour faire pencher la balance en faveur de l'un ou de l'autre. W