un arrière-goût de vinaigre

Philippe Wendling

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Les ventes de vins français à l'international devraient être bouchonnées.

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux a estimé, mardi, qu'elles risquent de reculer de 20 % cette année. Un phénomène qui pourrait partiellement épargner les viticulteurs alsaciens. Et pour cause, explique Jean-Louis Vezien, directeur du Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa), la région est moins présente que d'autres sur les « deux marchés les plus déprimés, soit les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ». Ses terres de prédilection : le Benelux, l'Allemagne et le Danemark. Fin avril, les ventes de nectar alsacien ont régressé de 11 % à l'export par rapport à la même période l'an dernier. Et dans le même laps de temps en 2008, les ventes n'ont « baissé que de 4,5 % sur l'ensemble des marchés », se félicite Jean-Louis Vezien. En 2008, environ 1,13 million d'hectolitres de vins locaux ont été vendus pour un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros.

Si la morosité ambiante inquiète les producteurs, ils le sont aussi par la libéralisation des cépages. Effective au 1er août, elle résulte d'un « télescopage » d'une nouvelle organisation européenne et d'un plan de modernisation viticole national. L'Alsace n'aura donc plus le monopole des appellations Riesling, Gewurztraminer et Sylvaner. « Un détournement de notoriété », doublé d'une « aberration » agronomique, souligne Jean-Louis Vezien. Pour lui, ces cultures spécifiques à la région ne seraient pas compatibles, par exemple, avec le climat et les sols du Languedoc-Roussillon. « Avec le réchauffement climatique, on ferait mieux d'amener des cépages plus tardifs au nord que l'inverse. » Le Civa a demandé au ministère de l'Agriculture d'interdire sur les étiquettes la mention des cépages avant une période d'au moins dix ans. Il appelle aussi les viticulteurs à valoriser davantage l'origine Alsace sur leurs bouteilles afin d'éviter « les confusions ». W