Strasbourg : De « plus de PV » à « des pistes cyclables bien identifiées », quelle cohabitation entre cyclistes, livreurs à vélo et piétons ?

VOTRE VIE VOTRE AVIS Les internautes de « 20 Minutes » s’expriment sur la cohabitation parfois difficile à Strasbourg comme dans d'autres villes françaises entre cyclistes, livreurs à vélo et piétons. Et les avis sont tranchés.

Gilles Varela
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Contrôles de police des vélos, des trottinettes électriques et EDP dans Strasbourg le 6 octobre 2021
Contrôles de police des vélos, des trottinettes électriques et EDP dans Strasbourg le 6 octobre 2021 — G. Varela / 20 Minutes
  • Suite à une interpellation d’un élu de l’opposition municipale lors du dernier conseil sur les problèmes de cohabitation entre cyclistes, livreurs à vélo et piétons dans Strasbourg, « 20 Minutes » a demandé à ses lecteurs quelles mesures, selon eux, serait-il nécessaire de prendre.
  • De « plus de contrôles » à des « pistes cyclables clairement identifiées » en passant par la mise en cause des plateformes de livraison, les avis sont très tranchés et les propositions souvent identiques et bien claires.

Sentiment d’insécurité chez les piétons, altercations qui se multiplieraient, impression que « les vélos à assistance électriques sont trop rapides », que « les livreurs frôlent bien trop souvent les passants », coupent la route aux autres cyclistes ou bien encore que « pistes cyclables sont mal identifiées et peu respectées »… La difficile cohabitation des uns et des autres sur l’espace public est revenue sur le bitume avec une interpellation lors du dernier conseil municipal de Strasbourg par l’élu d’opposition Jean Philippe Vetter. Ce dernier demandant quelles solutions étaient envisagées par la ville pour améliorer la situation, notamment en ce qui concerne les livreurs à vélo. L’occasion aussi pour 20 Minutes de demander l’avis à ses internautes, alors que le plan piéton 2021-2030 à Strasbourg se déploie.

Comme attendu tant la question intéresse, les avis sont nombreux et les commentaires tranchés, même si les solutions proposées se comptent sur les doigts d’une main. « Il ne fait pas bon être piéton à Strasbourg », reprend Jacqueline qui regrette une « impunité la plus totale pour les deux roues en tout genre ». « Chacun ne pense qu’à sa petite personne, regrette Aurélien, et ne pense pas à regarder ce qui se passe autour de soi. » Alors comment rouler et marcher dans les rues Strasbourgeoises en s’aimant les uns les autres ?

« Plus de contrôles »

Largement plébiscité, « les contrôles ». « ll faudrait plus de patrouilles aux points chaud du centre (Pont des corbeaux, place d’Austerlitz, rive étoile, Kléber, Grand rue, pour éviter les accidents et rappeler à l’ordre celles et ceux qui ne respectent rien », détaille Aurélien, lui-même cycliste. « Il me semble que les règles existent mais qu’elles ne sont pas appliquées surtout parce que personne ne souhaite les faire appliquer », affirme Olivier qui soupçonne là une « volonté politique ».

Salvatore voudrait au contraire « rendre les utilisateurs plus responsables avec l’aide des autorités, avec en premier lieux un effort sur l’éducation, puis les amendes », si nécessaire. Problème aussi du montant des amendes, jugées trop importantes par certains car calquées sur les infractions au Code de la route pour les automobilistes et donc peu applicables par les forces de l’ordre, quand d’autres au contraire réclament des amendes salées, voire la saisie du vélo pour certains cas les plus graves : « Les livreurs y réfléchiraient peut-être à deux fois », peut-on encore lire.

Des pistes mieux signalisées et sécurisées

Autre grand axe de réflexion souhaité par les internautes, des pistes cyclables mieux signalées et sécurisées. « Autrement que par de la peinture au sol » et « réservées strictement aux cyclistes et sans ruptures : c’est-à-dire ni sur les trottoirs ou matérialisées par une ligne ». Avec, souvent cité en exemple, Amsterdam. « La matérialisation devrait au moins passer par un revêtement d’une couleur spéciale comme cela est le cas aux Pays Bas où la ville a été pensée différemment en fonction des utilisateurs. »

Les livraisons repas dans le viseur

Le comportement à risque de certains livreurs de repas à vélo fait également l’objet de nombreux reproches et remarques, même si une grande majorité des internautes reconnaissent leur précarité. Une précarité et un statut fragile qui pousse à la rentabilité à tout prix et donc oblige à multiplier les infractions au Code de la route. Vélos a assistance électrique trop puissants, parfois « trafiqué pour aller encore plus vite que les 25 km/h » autorisés assurent plusieurs internautes, « à fond sur les trottoirs, à travers la foule », « yeux rivés sur leur téléphone pour ne pas louper une livraison »…

Des critiques souvent accompagnées aussi de compréhension. « C’est le problème de leurs conditions de travail et de leurs contrats précaires sur lequel il faudrait se pencher car de l’un découle l’autre », souligne, comme beaucoup d’autres Frédéric, alors que certains demandent même de sanctionner les plateformes. Plus stricts, certains demandent une « formation obligatoire pour être livreurs ou coursiers » ou « au moins, un stage de formation ».

La ville au guidon

Autant de propositions auxquelles travaille déjà la ville. Contactée, Sophie Dupressoir, conseillère déléguée à la ville cyclable et marchable en charge du dossier, a rappelé, comme elle l’avait lors de l’interpellation en Conseil municipal, qu’il s’agit « d’un ensemble de mesures menées conjointement » qui permettra d’apaiser la situation. « Les contrôles ont été intensifiés, rappelle Sophie Dupressoir. Il y a déjà eu trois opérations spécifiques, depuis le début de l’année et au quotidien, les forces de l’ordre, municipales ou nationales, veillent à ce que la réglementation soit respectée », explique-t-elle. D’autres opérations vont être menées très régulièrement signant la fin de la phase de prévention et « un passage aux sanctions » ajoute Sophie Dupressoir. Une demande d’expérimentation a par ailleurs été faite auprès de l’Etat, (sans réponse positive pour l’instant) pour un retour des amendes minorées.

Concernant les pistes cyclables, la conseillère compte sur le « ring » vélo qui permettra de contourner en toute sécurité la ville et qui sera mis en place avant la fin de ce mandat assure Sophie Dupressoir. Une meilleure signalisation, à la fois des pistes cyclables mais aussi de la réglementation, avec des panneaux à hauteur de cyclistes et piétons, devraient être mis en place. Une campagne de communication sur le respect des règles pour tous est aussi prévue. Enfin, concernant la problématique des livreurs de repas, la ville a entamé des discussions avec les plateformes et n’hésitera pas à mettre en avant celles qui respectent les personnes qui travaillent pour elles. Parallèlement, une coopérative de livraison est en réflexion tout comme un lieu d’accueil avec des sanitaires, dédié aux livreurs. Un plan d’attaque global donc qui s’inscrit dans les avancées du plan piéton mais aussi de la place, réduite, de la voiture en ville.