Strasbourg : Aux Hôpitaux universitaires, les urgences saturées ne tiennent « qu’à un fil »

SANTE Le décès à la mi-mars d'un patient admis aux urgences du CHRU a remis les projecteurs sur un service en souffrance

Luc Sorgius
L'entrée des urgences de l'hôpital Hautepierre, à Strasbourg.
L'entrée des urgences de l'hôpital Hautepierre, à Strasbourg. — T. Gagnepain
  • Survenu à la mi-mars, le décès d’un patient admis aux urgences du CHRU a brusquement remis les projecteurs sur un service en souffrance et saturé depuis de longs mois.
  • Florence Perisse, médecin aux urgences, ne mâche pas ses mots sur la situation : « C’est toujours une catastrophe. »
  • La direction ne répond pas à ces mises en cause.

Ils avaient déjà lancé l’alerte en fin d’année dernière, dénonçant « la dégradation constante des conditions d’accueil des malades et l’absence de perspectives d’amélioration ». Trois mois plus tard, le personnel des urgences des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) fait le même constat amer : « C’est toujours le même discours, rien n’a changé. »


Survenu à la mi-mars, le décès d'un patient admis aux urgences du CHRU a brusquement remis les projecteurs sur un service en souffrance et saturé depuis de longs mois. Si elle se refuse à tout commentaire sur le drame, tout comme la direction des HUS « à cause de la procédure en cours », Florence Perisse, médecin aux urgences, ne mâche pas ses mots sur la situation : « C’est toujours une catastrophe. C’est toujours aussi encombré et nous n’avons toujours pas de lits. »

« On se pose juste la question de jusqu’à quand on va tenir… »

La praticienne dénonce « l’absence de réponse de l’administration » : « On a le sentiment d’être des pions. Que la situation ne tienne qu’à un fil, ça ne leur [la direction] change pas grand-chose. » Avant de conclure : « C’est plus une débandade qu’autre chose. On se pose juste la question de jusqu’à quand on va tenir… »

Antoine Pons, délégué syndical au sein de Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateur élargi (SNPHAR-E) et anesthésiste réanimateur au Nouvel hôpital civil (NHC), partage ce constat : « C’est la même rengaine : on doit toujours faire plus avec moins de moyens. »

Dans les couloirs des HUS, on indique qu’aucune communication de la direction ne sera pas faite « entre les deux tours » de l’élection présidentielle. L’hôpital continue néanmoins « de sensibiliser la population au bon usage des urgences », notamment sur les réseaux sociaux, en invitant la population à solliciter un avis médical via « des alternatives » pour éviter d’engorger les urgences davantage.