L'indemnisation au bout du pont

Philippe Wendling

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Le litige autour des surcoûts de la passerelle du Jardin-des-Deux-Rives

ne devrait plus faire de vagues. Les élus de la CUS vont délibérer cet après-midi sur une proposition d'indemnisation faite par l'assureur de son concepteur, l'architecte Marc Mimram. Elle porte sur 120 000 euros, à partager entre la communauté urbaine et Kehl, les deux financeurs de l'ouvrage.

La construction de la passerelle avait généré un dépassement de 4,5 millions d'euros en 2003. Déjà revu à la hausse une première fois, le montant du chantier s'établissait à 21 millions d'euros contre 11 millions d'euros lors de l'appel d'offres. En cause, notamment, une sous-évaluation des besoins en béton et une réduction des délais de réalisation de l'ouvrage liée à un changement de sa localisation. La CUS et Kehl avaient envisagé une action en justice contre Marc Mimram. Elle ne devait concerner que « des coûts supplémentaires trouvant leur origine directement dans des fautes imputables à l'architecte, évalués à l'époque à 800 000 euros, plutôt que d'agir sur la base de la totalité du montant des surcoûts ». N'établissant la responsabilité de son client que dans la réalisation de six pieux non initialement prévus, l'assurance de Marc Mimram ne reconnaît qu'un préjudice de 120 000 euros. « Notre analyse est différente, mais nous allons accepter comme Kehl, explique Jacques Bigot, président (PS) de la CUS. Une action en justice serait très longue et très chère, et nous ne sommes pas sûrs de la gagner. » L'important selon l'élu maintenant est de classer l'affaire et de faire de cette passerelle surplombant le Rhin « un tremplin pour un Eurodistrict fort et puissant ». W