Strasbourg : En trois mois, le Grand contournement ouest (GCO) a-t-il réduit la pollution atmosphérique dans la ville ?

AUTOROUTE Lancé mi-décembre, le tronçon de 24 km a permis de délester la capitale alsacienne d’une partie du trafic. Mais a-t-il eu aussi des répercussions sur la qualité de l’air ?

Thibault Gagnepain
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Le trafic autoroutier s'est réduit à Strasbourg. Et la pollution alors ?
Le trafic autoroutier s'est réduit à Strasbourg. Et la pollution alors ? — G. Varela / 20 Minutes
  • Le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg a été ouverte à la circulation le 17 décembre. Depuis, de nombreuses voitures et surtout camions l'empruntent.
  • Est-ce que cela a des conséquences sur la qualité de l'air dans la capitale alsacienne ?
  • « Nous n'avons pas observé une baisse ou hausse significative des concentrations de dioxyde d'azote (NO2) et de particules fines (PM10), les deux marqueurs du trafic routier », répond érénice Jenneson, responsable de l'unité de surveillance chez le gendarme local de la qualité de l’air.

L’hiver 2021-2022 restera une rareté dans l’agglomération strasbourgeoise. Pour la première fois depuis leur mise en place en 2017, les vignettes Crit’Air n’ont pas été sollicitées. Comprendre qu’aucune journée de circulation différenciée n’a été imposée aux automobilistes en cas de pic de pollution.

L'air serait-il désormais plus respirable dans la capitale alsacienne ? « Non, les indices qui mesurent tout ça ont longtemps été médiocres ces derniers mois. Il y a eu peu de vent et peu de pluies, ce qui a conduit à une stagnation des polluants », répond Thomas Bourdrel, médecin et président du collectif « Strasbourg Respire »

Les chiffres d’Atmo Grand-Est le confirment avec un indice de qualité de l’air souvent « dégradé » voire « mauvais » dans l’eurométropole. Le tout avec des mesures proches de celles enregistrées l’hiver précédent. Même depuis le 17 décembre, jour de l’ouverture du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Ce tronçon autoroutier de 24 km lancé avec l’objectif de délester la M35 qui traverse la ville.

« Nous n’avons pas observé une baisse ou hausse significative des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) et de particules fines (PM10), les deux marqueurs du trafic routier », appuie Bérénice Jenneson, responsable de l’unité de surveillance chez le gendarme local de la qualité de l’air.

Pourtant, à vue d’œil, il y a aujourd’hui bien moins de camions et de voitures qui empruntent la M35… Fin janvier, les chiffres officiels évoquaient une chute « de 35 % du volume de poids lourds, contre -12 % de véhicules légers ». De son côté, le concessionnaire Vinci Autoroutes estimait à « 7.000 par jour en moyenne » le nombre de véhicules qui optaient pour son A355.

« Il faut attendre au moins six mois »

Tout cela ne se ressentirait-il pas dans les stations d’Atmo Grand-Est ? Bérénice Jenneson demande encore du temps pour que la réponse soit complète. « Il faut attendre au moins six mois pour savoir si le GCO a vraiment un impact sur la qualité de l’air. D’une année ou d’un mois à l’autre, les polluants NO2 et PM10 peuvent varier en fonction des conditions météorologiques (pluies, vitesse et direction des vents, etc.) et des émissions de l’activité humaine (chauffage résidentiel, industries, agriculture, etc.) ».

Rendez-vous donc, au mieux, en juin. Même s’il ne faut pas s’attendre à des miracles à en croire Thomas Bourdrel. « Avant l’ouverture de cette autoroute, Atmo Grand-Est avait estimé que la baisse de ces fameux polluants serait au mieux de 10 %. Ce sera beaucoup plus important quand le parc automobile aura été renouvelé et que les transports en commun seront davantage utilisés. » Le médecin se montre quand même positif : « Pendant le premier confinement (mars 2020), on a observé des diminutions de ces émissions allant jusqu’à 60 % dans certaines villes. » Quand tout le monde était à l’arrêt.