Strasbourg : Un nouveau carnaval, sans cavalcade mais « interactif »

CARNAVALESQUE Vivement critiqué ces derniers jours pour l'absence de cavalcade, le carnaval de Strasbourg se défend et va présenter le 20 mars, à 14 h 11, un tout autre visage

Gilles Varela
Laurence Fort et Guillaume Libsig, place du Marché à Neudorf.
Laurence Fort et Guillaume Libsig, place du Marché à Neudorf. — G. Varela / 20 Minutes

C’était un peu « Règlement de comptes à OK Carnaval » ce jeudi à Strasbourg lors de la présentation à la presse du programme de l’édition 2022 du carnaval. L’adjoint à la maire Guillaume Libsig, en charge de l’animation urbaine et de la politique événementielle de la ville, se savait attendu sur l’épineuse question de l’annulation de la cavalcade après les vives réactions ces derniers jours de Strasbourgeois, notamment d’élus de l’opposition municipale.

Une « polémique un peu folle » et non fondée selon Guillaume Libsig. Ce dernier a expliqué que si la tradition du carnaval est très présente en Alsace, elle évolue en permanence depuis plusieurs années. « Toute l’imagerie qu’on a de ces carnavals associatifs, de quartier, d’habitants qui préparent leurs costumes, leurs musiques, pendant une année, n’a jamais vraiment existé à Strasbourg. Elle existe ailleurs en Alsace, elle peut exister dans les années à venir, mais tout le propos qui est tenu ces derniers temps n’est basé sur rien », tacle l’élu. « On sera dans un format plus statique, mais plus participatif, place du Marché, à Neudorf. Cela garantit un carnaval quoi qu’il arrive », moins aléatoire et dépendant des facteurs extérieurs. « En cas d’intempéries, on peut se rabattre à l’intérieur de la halle. »

Un carnaval « quoi qu’il arrive »

Fallait-il encore décider en fonction « des contraintes administratives, sécuritaires et sanitaires », assume l’élu. « Le jet de confettis et de bonbons était par exemple encore interdit lorsque cela a dû être décidé. (…) Cette année, dans une ville de l’envergure de Strasbourg, avec les contraintes qui sont les nôtres, la cavalcade n’était pas possible. On remarque que ce sont les villes dont le carnaval est le premier grand événement, l’événement phare de l’année, qui ont tout fait pour le maintenir » assure l’élu. A Strasbourg, « nous tenons à maintenir l’intégralité de la programmation, sur toute l’année et le carnaval est un élément parmi d’autres. On a presque réussi à maintenir, depuis deux ans, l’ensemble des programmations et faire travailler des centaines d’artistes », se défend Guillaume Libsig.

Une décision comprise par Laurence Fort, coordinatrice de l’association Arachnima, les créateurs des Bidulos, association en charge de la machinerie depuis cinq ans. « Cette cavalcade se prépare, il nous faut un feu vert dès septembre. En janvier, ce n’était pas possible au vu de la situation et le couperet est tombé. Mais lorsqu’il y a eu l’appel d’offres en février, nous savions déjà. Nous avions déjà parlé de cette éventuelle annulation dès octobre, assure la coordinatrice. Il n’y a pas eu besoin de discussions supplémentaires, les choses se sont faites sans aucune polémique. » Elle poursuit : « Certainement que la cavalcade va être repensée et nous serons nombreux à se mettre autour de la table pour en discuter. »

Un « renouveau carnaval »

L’ensemble de l’événement sera donc situé place du Marché à Neudorf, un quartier qui n’est pas dans l’hyper centre-ville de Strasbourg. Un choix expliqué par « la configuration des lieux, faciles à sécuriser et propices à déployer la scénographie » confiée à AV Lab. Mais aussi et surtout de « développer une logique « d’aller vers », en lien avec les valeurs d’intérêt général, précise Guillaume Libsig. On propose aux événements de se rapprocher des gens, c’est la complémentarité d’événements qui permettra de couvrir l’ensemble du territoire strasbourgeois. »

Au fond, l’idée de ce « renouveau » carnaval de Strasbourg – comme il est écrit sur l’affiche- est de décentraliser l’événement, d’aller vers tous les quartiers de la ville et que les habitants « ne soient pas uniquement spectateurs ». Un « enjeu qui va être développé dans les années à venir, ce qui ne veut pas dire que c’est forcément la fin des cavalcades », assure Guillaume Libsig.

Faire son carnaval

Au programme, donc, de ce nouveau projet placé sous le signe du printemps : des ateliers, de la création, et un spectacle interactif. Contacts avec les artisans et les artistes locaux, confection de masques, atelier de maquillage avec paillettes 100 % biodégradables, photomaton pop-up d’où l’on repart avec un dessin à la place d’une photo. Mais aussi des structures en bois contenant des « frites de piscine » détournées pour s’asseoir et profiter de l’instant en famille, de la musique, des modules de jeux, des paravents modulables en forme d’alvéoles, des suspensions florales…

Rendez-vous est donné à tous les festivaliers, attendus déguisés, dimanche 20 mars, de 14h11 à 18h, pour un carnaval participatif, promet la ville, « coloré, festif, et populaire ».