Strasbourg : Pourquoi la Plaine des bouchers va changer de visage

URBANISME Insécurité, occupations illégales, problème de stationnement, le groupement des entreprises de la Meinau (GEM) a lancé une concertation sur l’avenir de la zone d’activité strasbourgeoise de la Plaine des Bouchers. Selon le GEM, elle est en danger si rien n’est fait dans les prochaines années

Gilles Varela
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Une rue de la Plaine des Bouchers à Strasbourg. Le 4 février 2022
Une rue de la Plaine des Bouchers à Strasbourg. Le 4 février 2022 — G. Varela / 20 Minutes
  • Quatorze entreprises ont créé une association, le groupement des entreprises de la Meinau (GEM) , pour promouvoir et défendre la zone d’activités de la Plaine des Bouchers à Strasbourg.
  • Une zone historique, en périphérie immédiate du centre-ville de Strasbourg, qui regroupe plus de 500 entreprises et 8.000 emplois.
  • Les représentants du groupement ont rencontré la maire Jeanne Barseghian et la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs. Elles ont réaffirmé vouloir maintenir la vocation économique de la Plaine de Bouchers et intégrer son développement dans un vaste plan de transition écologique.

« Tout est parti d’une journée où l’on découvrait les joies de la cohabitation avec les voitures ventouses, Amazon… Il y avait de petites tensions dans le quartier de la Meinau, raconte Lisa Ulmer, présidente de la toute récente association groupement des entreprises de la Meinau (GEM) et directrice de la société Regmatherm. Jusqu’au jour où en sortant des bureaux, nous avions tous des PV. On n’était pas très content et on s’est dit que de ce point négatif, on allait en faire quelque chose de positif et essayer de se regrouper pour créer une force de propositions car nous avions de nombreuses préoccupations et intérêts en commun. »

C’est ainsi que « fut créé le GEM », explique Lisa Ulmer, accompagnée d’une quinzaine de représentants d’entreprises, lors d’une première rencontre au sein de l’entreprise Eberhardt à la Meinau. Une rencontre avec la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian, la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs et des agents et adjoints qui ont travaillé sur les problématiques de ce quartier.

Un quartier historique qui doit évoluer

Ce regroupement compte pour l’instant 14 entreprises de toutes tailles et de tout le quartier. « Certaines vielles de plus de 80 ans, des entreprises qui ont fait l’histoire de la Meinau », souligne Lisa Ulmer. Objectif : promouvoir l’attractivité de la zone d’activité qui regroupe plus de 500 entreprises et 8.000 emplois et participer à son évolution. Point primordial porté auprès de la collectivité, que le quartier ne devienne pas une zone résidentielle. Le GEM a tout de suite été rassuré par la maire de Strasbourg qui a affirmé la volonté « collective de maintenir la vocation économique de la Plaine de Bouchers. »

Une évolution nécessaire pour ce secteur historique grand de plus de 140 ha, situé en bordure du centre-ville. Une zone au plus près des grands axes routiers, comptant une voie ferrée en direction du Port du Rhin et de la gare de marchandise de Neudorf.

Problème, elle est un peu délaissée et l’insécurité y est grandissante avance le groupement. Les flux de circulation logistiques sont souvent entravés et débordent sur les parkings des entreprises, de quoi accentuer le manque de places de stationnement, celles-ci souvent encombrées par les programmes immobiliers qui se multiplient le long de l’avenue de Colmar et borde la zone d’activité. Par la tertiarisation aussi qui s’amplifie, de la présence d’entreprises « illégales », de prostituées, de détritus, liste le GEM… Un développement qu’il faut ordonner et sécuriser, afin de donner aux entreprises « l’envie et de bonnes raisons de faire de gros investissements dans cette zone d’activité », souligne Franck Pelle, directeur général de la société Erberhardt.

Le travail sur un projet « d’esplanade festive »

Aussi, le GEM a proposé à la ville et l’Eurométropole, de travailler sur les problématiques de sécurité, de mobilité des salariés, de mise en place de bornes électriques mutualisées, de gestion commune des déchets, etc. De leur côté, les collectivités ont souligné travailler à moderniser son accessibilité, à renforcer la place de la nature, à « promouvoir la transition écologique de la Plaine des Bouchers par la valorisation de la Ceinture verte et la promotion d’une démarche d’écologie. »

Et en « avant-première », Jeanne Barseghian a révélé un projet de travail « d’implantation d’une esplanade festive sur laquelle il y aura des activités économiques de secteurs diversifiés, qui pourrait accueillir de grands évènements, des cirques, des foires ». Une proposition qui semble avoir surpris un instant l’auditoire du GEM. Ce dernier s’est attelé à réaffirmer l’importance dans un premier temps de sécuriser les lieux et d’aller vers une autre gestion du stationnement et de la circulation pour donner envie aux entreprises de venir s’installer à la Plaine des Bouchers.