Strasbourg : La police municipale se forme pour prévenir les violences sexuelles et sexistes de rue

VIOLENCES La police municipale de Strasbourg suit une formation sur la prévention des agressions sexuelles, sexistes et homophobes sur la voie publique

Gilles Varela
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Des agents de la police municipale de Strasbourg formés pour prévenir les violences sexuelles et sexistes de rue. Le 28 février 2022
Des agents de la police municipale de Strasbourg formés pour prévenir les violences sexuelles et sexistes de rue. Le 28 février 2022 — G. Varela / 20 Minutes

Avec une certaine libération de la parole, les agressions sexuelles, sexistes, homophobes ou en tout genre sur la voie publique parviennent de plus en plus aux oreilles des autorités. Des agressions plus nombreuses probablement aussi depuis la fin du confinement et une certaine "liberté retrouvée" qui parfois tourne à l’excès, explique la police municipale de Strasbourg.

La Ville a fait le choix de proposer aux agents de la police municipale strasbourgeoise une formation d’un jour pour prévenir ces risques de violences sexistes ou sexuelles de rue. Déjà 22 agents l’ont suivie, sur la base du volontariat. Dans les trois mois à venir, une quarantaine de policiers supplémentaires va également pouvoir en bénéficier et à terme, c’est l’ensemble des effectifs, soit 157 policiers, qui seront formés.

Une formation qui s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action Droit des femmes et égalité de genre 2022-2024, adopté le 31 janvier dernier par la ville de Strasbourg. La mise en place du dispositif a également été motivée par « la population étudiante qui avait massivement, à l’été 2020, témoigné de ces faits de harcèlement, que je préfère appeler violences sexuelles et sexistes de rue », explique Christelle Wieder, adjointe à la maire chargée du droit des femmes.

Un cadre juridique

Objectif : repérer et prévenir ces violences et écouter les victimes. Comment ? En fléchant le cadre juridique des interventions de la police. Rappeler « les différents textes de loi, le côté pénal, les différentes infractions qui existent, détaille le policier et chef d’équipe Éric Fiegel. Avec des références qui nous permettent de travailler à partir de cas concrets, qui nous ont permis d’appréhender l’outrage sexiste […] et écouter la victime sans mettre de conditionnel à ce qu’elle dit. » Des policiers qui se disent aussi « beaucoup plus sensibilisés » quand des gens viennent les voir.

Une présence policière « dissuasive et rassurante »

Concrètement, la police municipale continue « d’occuper le terrain, jour et nuit », et fait la tournée des sorties de boîtes et des bars, « car l’abus d’alcool est presque tout le temps la cause de ces agressions, souvent verbales, parfois physiques, assure Éric Tillie, un autre chef d’équipe. Notre présence est dissuasive. Cela fait partie de la prévention, et pour la grande majorité des professionnels de la nuit et des jeunes qui font la fête, notre présence est appréciée. »

Céline Fetet, responsable des policiers vététistes, concède cependant qu’il n’est pas toujours évident pour une victime de venir se plaindre après avoir été sifflé, insultée, s’être fait toucher la poitrine. Mais elle se veut rassurante et rappelle que les victimes peuvent en toute confiance se confier à eux, « pour la prévention mais aussi pour savoir dans quel cadre juridique elles se trouvent pour agir correctement ensuite, donner la bonne information ou bien encore relever l’identité de l’agresseur si la victime peut le désigner. » Une police municipale qui peut également dresser une contravention et même conduire l’agresseur devant un officier de police judiciaire.

Pour rappel, insiste la police, l’amende pour outrage sexiste ou sexuel est une infraction punie depuis 2018 d’une amende pouvant aller de 90 à 750 euros. Elle peut même monter jusqu’à 1.700 euros en cas de circonstances aggravantes. Et attention, souligne le policier Eric Tillie : « L’abus d’alcool pour expliquer un mauvais comportement n’est pas une excuse, c’est même une circonstance aggravante. »