Une dizaine de plaintes pour mise en danger

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Ils continuent de crier à l'injustice. Si la remise en état de leur quartier a démarré, les habitants du Port-du-Rhin attendent toujours des explications. Quelques minutes après les faits, le 4 avril, ils dénonçaient déjà l'absence de forces de l'ordre pendant les mises à feu de la douane, du poste frontière, de la pharmacie et de l'hôtel par des Blacks Blocks.

« Hormis notre quartier, tout Strasbourg avait été quadrillé par la police, déplorait hier encore une habitante. Pourquoi, avons-nous été abandonnés ? C'est parce qu'il y a beaucoup de gens pauvres que nous n'avions pas besoin d'être protégés ? » Ne voulant « pas laisser passer ça », Etienne Auberger, un riverain du quartier, va porter plainte pour « mise en danger d'autrui » et « non assistance à personne en danger ». Une dizaine de personnes devraient s'associer à sa démarche, d'ici à la semaine prochaine. Selon lui, beaucoup d'autres habitants n'osent pas pour autant le faire, « étant en attente du RMI ou d'un logement ». Dès le 5 avril, le maire (PS) Roland Ries avait appelé à un examen de « la chaîne de commandement ». De son côté, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait défendu les forces de l'ordre en mettant en avant le « caractère extrêmement violent » des casseurs.

Depuis, une dizaine de personnes ont écopé de trois à six mois de prison ferme pour des dégradations au Neuhof ou au Port-du-Rhin. Suspectés d'avoir voulu préparer des cocktails Molotov, trois hommes originaires de Tours comparaîtront demain devant le tribunal correctionnel. Le 3 avril, ils avaient été interpellés à la sortie d'un supermarché en possession de white-spirit et d'essence. Un Allemand de 30 ans sera jugé pour avoir résisté lors de son arrestation. Dénonçant une « politique du chiffre », la Legal Team, un collectif anti-répression, appelle à une manifestation de soutien. W