La ville attend des réparations de l'état

Philippe Wendling

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Les Blacks blocks ont quitté les lieux, mais le Port-du-Rhin porte encore les stigmates de leur passage. Il y a un mois, le 4 avril, la pharmacie du quartier, un hôtel, le poste frontière et un bâtiment des douanes étaient incendiés en marge du sommet de l'Otan.

Demain, deux représentants de la ville se rendront à l'Elysée « pour négocier l'aide de l'Etat » dans le dossier, précise Philippe Bies, adjoint au maire (PS) du quartier. « L'objectif de la réunion est qu'un accord puisse être signé quand la délégation du maire sera reçue par Nicolas Sarkozy. » La date de la rencontre n'a pas encore été fixée, mais elle pourrait intervenir avant l'été. Prenant la forme d'un avenant au contrat « Strasbourg, capitale européenne 2009-2011 », l'accord portera sur la prise en charge par l'Etat des 777 000 euros engagés par la ville et la CUS dans l'organisation du sommet. Il comprendra aussi le coût de remise en état du site, soit 100 000 euros, et le remboursement des dégradations, dont le montant n'a pas encore été chiffré.

Mais au-delà, en guise de compensation, la municipalité attend surtout une enveloppe pour faire du secteur « le coeur de l'Eurodistrict ». Un enjeu qui passera par la construction d'un millier de logements et d'une extension du tram vers le port puis Kehl, dont la phase de concertation est prévue dans un mois. Pour améliorer ses dessertes, la CTS va mener d'ici là une étude en suivant des habitants dans leurs déplacements. « Il s'agit d'identifier ce qui pêche », précise Philippe Bies. Autre ambition affichée par la municipalité, créer dans le quartier une maison de l'enfance, un stade de foot et un centre médicosocial. A plus court terme, une pharmacie provisoire va être installée dans des préfabriqués à l'emplacement même de l'officine brûlée. Une réunion d'experts est prévue cette semaine. « Si le feu vert des services techniques est donné, elle ouvrira durant la première quinzaine de juin », confie Isidore Rubinstein, son propriétaire. Un soulagement pour les habitants qui attendent aussi néanmoins un « geste symbolique ». Parmi leurs doléances, une journée dans un parc d'attractions pour les familles ou une baisse des impôts locaux. Réunie le 21 avril, une commission du conseil de quartier de Neudorf a appelé, elle, le classement du Port en zone franche pour faciliter l'implantation d'entreprises et de commerces.

Outre la ville, quelque 55 particuliers et entreprises ont transmis des demandes d'indemnisations à la préfecture. Elles concernent principalement des dégâts survenus sur des voitures et des maisons lors des manifestations au Neuhof, les 2 et 3 avril. L'Etat s'est déjà engagé à prendre leur recouvrement à ses frais. W