Chambres sur cour... du Corbeau

Philippe Wendling

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Une renaissance pour un monument du XVIe siècle. A l'abandon depuis une trentaine d'années, la cour du Corbeau a repris vie ce week-end avec l'ouverture d'un hôtel quatre étoiles du même nom. A l'entrée de la Krutenau, le lieu, dédié à l'hôtellerie de 1528 à 1854, a été acheté par la ville en 1981. Après des tentatives avortées de transformation en auberge et en musée, il a été cédé pour 700 000 eur à un groupe de promoteurs en 2004.

Depuis, deux années de travaux ont été nécessaires pour rénover la cour, l'une des plus belles de la ville. A l'extérieur, les balustres et colombages du monument historique ont retrouvé leur esprit d'origine. Dans les chambres, de vieux meubles remis au goût du jour cohabitent avec des technologies modernes (wi-fi, climatisation). « C'est de l'ancien revisité, précise Jean-Pascal Scharf, cogérant de l'hôtel. Nous avons pris la bâtisse comme elle est et nous nous sommes adaptés. » Et ce, ajoute Charlotte Morel, son associée, « en respectant l'âme du lieu. Nous avons récupéré tout ce que nous pouvions. » Exemple, des tomettes du XVIe siècle servant jadis de sous-toiture ornent désormais la réception. Le coût de l'investissement : 17,5 millions d'euros. Une folie en ces temps de crise ? « Nous avons raisonné sur vingt ans, une période durant laquelle on traverse au moins deux crises », se rassure Jean-Pascal Scharf. Session du Parlement européen oblige, l'hôtel affiche complet demain. Ce week-end, en moyenne, une vingtaine de chambres ont été réservées chaque soir. Les propriétaires tablent sur un taux d'occupation de 45 % cette année et à terme de 70 %. Pour choyer les clients, cinq embauches sont prévues pour seconder les vingt-cinq personnes déjà salariées. W