Les SDF campent sur leurs revendications

Philippe Wendling

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La pression est un peu retombée sur le quai Sturm, mais l'inquiétude demeure. Samedi matin, les Enfants de Don Quichotte ont été sommés par la police de démonter leur campement. Afin de dénoncer la fin de la trêve hivernale et de marquer la visite d'Augustin Legrand, cofondateur national du mouvement, l'association de sans-abri avait remonté des tentes jeudi soir à l'endroit même où elle l'avait fait pour la première fois durant l'hiver 2007.

« C'est scandaleux de vouloir déloger des gens qui sont déjà à la rue, peste Renaud Engel, trésorier des Don Quichotte Strasbourg. Vers 5 h 30 samedi, on a vu débarquer trois cars de la police nationale. Après avoir secoué nos tentes pour nous réveiller, ils nous ont ordonné de quitter les lieux. » Un ordre finalement levé deux heures plus tard, le président de l'association, Alexandre Glardon, menaçant de se jeter dans l'Ill et de se pendre avec une cordelette placée autour de son cou et reliée à une barrière. « Nous avons obtenu que les forces de l'ordre n'interviennent pas du week-end », poursuit Renaud Engel, qui n'exclut pas une nouvelle tentative d'expulsion dans les jours à venir.

Seule condition pour que les sans-abri lèvent le camp, selon le trésorier : que « le préfet signe un protocole d'accord pour la réouverture ou le maintien des places d'hébergement » instaurées dans le cadre du plan hivernal. Leur fermeture progressive, débutée le 1er avril et qui doit s'achever jeudi, mettrait quelque 350 personnes à la rue. Parmi elles, les dix-neuf logées rue des Foulons dans des préfabriqués mis à la disposition de l'association par la ville. Les Don Quichotte demandent à rencontrer aujourd'hui des représentants de l'Etat. Hier après-midi, ils n'avaient toujours pas obtenu de réponse. Pour les seconder dans leur demande, Augustin Legrand, qui était reparti vendredi soir de Strasbourg, devrait revenir dans la journée pour passer la nuit quai Sturm. W