Dry January : Une cave d’Alsace produit deux vins désalcoolisés

SANS MODERATION La cave de Ribeauvillé produit un vin tranquille et un pétillant, les deux avec 0,5 % d’alcool

Thibaut Gagnepain
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Les deux bouteilles de « RibO », un vin tranquille et un pétillant.
Les deux bouteilles de « RibO », un vin tranquille et un pétillant. — Cave de Ribeauvillé
  • La cave de Ribeauvillé, dans le Haut-Rhin, a lancé juste avant le Nouvel An deux vins désalcoolisés : un vin tranquille et un pétillant.
  • C’est une première en Alsace, là où d’autres régions vinicoles s’y sont déjà mises.
  • « On n’arrête pas d’en vendre », se félicite depuis Yves Baltenweck, le président de la coopérative alsacienne.

Le Riesling, le Gewurztraminer, le Pinot Gris et maintenant… le vin désalcoolisé ! Pour la première fois en Alsace, un producteur vient de lancer non pas un mais deux breuvages sous les 0,5 degré d’alcool. La cave de Ribeauvillé les a commercialisés dans la dernière semaine de décembre. Deux RibO, nom choisi en référence à la ville du Haut-Rhin et à faible teneur alcoolique, sont accessibles à la vente : un vin tranquille et un pétillant.

« On n’arrête pas d’en vendre », se félicite depuis Yves Baltenweck. Le président de la coopérative est à l’origine de cette innovation. « Pas seul hein, mais cela faisait trois, quatre ans qu’on en discutait avec mon commercial export. Il me parlait d’une grosse demande dans les pays nordiques et en Allemagne notamment. Sauf que ce qui existait ne nous plaisait pas. Ça ressemblait plutôt à des jus de fruits ou à des mousseux pour enfants ! »

Les producteurs ont beaucoup tâtonné, goûté, testé afin d’arriver au résultat. « On voulait partir sur un vin sec », explique Evelyne Bléger-Cognac, l’œnologue de la cave. C’est pour cela que les choix des cépages se sont finalement portés sur le sylvaner et le muscat pour le vin tranquille, contre seulement le muscat pour le pétillant. Tous du millésime 2020.

13.000 bouteilles prêtes en une demi-journée

Et ensuite, comment fabrique-t-on du vin désalcoolisé ? L’opération n’a pas été réalisée en France, mais outre-Rhin où la pratique est courante. « Il faut un appareil de distillation très spécial, une sorte de gros alambic, poursuit la spécialiste. On y a apporté notre vin, vinifié de la même façon que tous les autres, et ce n’est qu’après que le procédé a changé. »

« En clair, le vin est mis sous pression et on monte la température à 28°C pour que l’alcool s’évapore », reprend Yves Baltenweck. « Il y a 16 à 17 % de perte et après, on réintroduit 0,5 degré d’alcool et des arômes. Ça redonne une structure. Pour le pétillant, on remet du gaz. Tout ça va très vite ! Nos 13.000 bouteilles, 6.500 de chaque, étaient prêtes dans la matinée. »

« C’est surprenant au départ »

Depuis, « au moins 20 % » du total ont déjà trouvé preneur. « Encore hier, tous les visiteurs de la journée en ont acheté », indique l’œnologue, assez fière du résultat. « J’avais goûté du vin désalcoolisé dans les années 1990 à Dijon et c’était particulièrement mauvais ! Là, on n’a peut-être pas l’effet structurant de l’alcool mais il y a des arômes de vin. On sent davantage l’acidité, moins le sucre. »

« C’est surprenant au départ, forcément, mais plus on en goûte, plus on l’aime », prolonge son président en évoquant « un équilibre sympathique ». Il imagine déjà tous les débouchés possibles pour sa nouveauté, surtout en plein « Dry January »… « Il y a déjà une clientèle et on peut aussi penser aux femmes enceintes, à des personnes qui ne peuvent plus boire d’alcool. On va voir ce que ça donne. C’est un coup d’essai mais j’espère qu’on produira 30.000 bouteilles l’an prochain ! »