Le financement du TGV-Est sur les rails

Philippe Wendling

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Le financement du chantier de la deuxième phase du TGV-Est pourrait être bouclé d'ici à la fin juin, a annoncé hier Roland Ries. Visant à permettre aux trains de circuler à grande vitesse entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim, soit sur une portion de 106 km, les travaux sont estimés à 2 milliards d'euros. « Si les négociations sont bien avancées, elles ne sont pas abouties, explique le maire (PS) de Strasbourg. Il est donc un peu délicat de donner des chiffres précis. »

Parlant « d'ordre de grandeur », l'élu estime néanmoins que l'Etat, Réseau ferré de France et l'Union européenne devraient attribuer une enveloppe globale avoisinant 1,5 milliard d'euros. Les 500 millions d'euros restant seront cofinancés par les collectivités traversées par la ligne. Aux dires de l'élu, par exemple, le président de la région Ile-de-France se serait déjà engagé à verser entre 50 et 60 millions d'euros. Quoi qu'il en soit, selon le montage en cours de négociation, 250 000 millions d'euros seraient à la charge des grandes villes et institutions alsaciennes. « Notre participation en Alsace sera substantiellement plus importante d'environ 30 % aux sommes investies dans la première phase » du TGV-Est, déplore Roland Ries. Ainsi, le conseil général du Bas-Rhin pourrait s'acquitter de 60 millions d'euros, son homologue du Haut-Rhin de 20 millions d'euros. La Communauté urbaine de Strasbourg pourrait injecter dans le dossier entre 29 et 30 millions d'euros, les villes de Colmar et de Mulhouse respectivement 3 et 6 millions d'euros. La part la plus importante incomberait au conseil régional, à qui il serait actuellement demandé 118 millions d'euros. Selon une fuite, Adrien Zeller, président de l'institution, ne serait prêt pour l'instant qu'à mettre une centaine de millions d'euros sur la table. Estimant que l'augmentation de la participation des collectivités alsaciennes « pose problème », Roland Ries admet néanmoins que la situation « est plus ou moins favorable », voire même « tout bénef » pour la région. D'autant plus, que la SNCF pourrait être amenée à redistribuer une somme évaluée à 113 millions d'euros, conformément à une close de rentabilité signée dans le cadre de la création de la LGV-Est. Celle-ci stipule que la compagnie réinjecte une partie de ses bénéfices, si ses résultats sont supérieurs à ceux escomptés lors du montage financier de la première phase de la ligne. Le maire espère aussi que l'Etat revoie encore son enveloppe à la hausse. Pour le moment, ce dernier a attribué au projet 129 millions d'euros, dont 35 millions conformément au plan de relance, pour l'acquisition du foncier et la réalisation d'études. Le gouvernement pourrait accorder des crédits supplémentaires dans le cadre du plan Grand Est, destiné à compenser les effets de la restructuration des armées. W