Les Don Quichotte dénoncent « les remises à la rue forcée »

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« On recommence le grand cirque annuel. » Renaud Engel, trésorier des Enfants de Don Quichotte Strasbourg, a vivement dénoncé ce week-end la réduction « drastique » des places d'hébergement pour les sans-abri qui avaient été ouvertes cet hiver. Selon lui, « elles étaient 330, ce qui n'était déjà pas suffisant. Leur nombre va descendre d'ici à quinze jours à seulement une quarantaine. » Autre motif d'inquiétude : la fermeture définitive le 30 avril des préfabriqués où les Don Quichotte hébergent dix-neuf personnes alors que, selon Renaud Engel, le village de chalets a pris un an de retard. « On a l'impression d'un éternel recommencement. A chaque fois, le lien de confiance qui a pu se créer avec les travailleurs sociaux et les perspectives d'insertion des sans-abri sont brisés par leur retour forcé à la rue. » Un homme surnommé « Black-Jack » témoigne. « Je me retrouve sous une tente comme il y a deux ans, alors que je disposais d'un hébergement temporaire et que je devais avoir du durable. » Ne voyant rien venir alors que l'hiver s'achevait, « Black Jack » raconte avoir alerté les services sociaux du risque de se retrouver dehors. Pour Renaud Engel, « c'est hélas un cas parmi beaucoup d'autres ». Il réclame une réunion d'urgence avec le nouveau préfet « pour trouver des solutions pérennes ». Faute de quoi les Don Quichotte promettent de mener très rapidement de nouvelles actions « visibles ». W

L. M.