L’Alsace doit-elle sortir de la région Grand-Est ?… Une « votation » lance le débat

CONSULTATION Le président de la Collectivité européenne d’Alsace Frédéric Bierry précise que la consultation a « une portée politique, pas juridique »

Luc Sorgius
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Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d'Alsace, a lancé ce mardi une consultation citoyenne auprès des Alsaciens pour savoir s'il faut « sortir l'Alsace du Grand Est ».
Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d'Alsace, a lancé ce mardi une consultation citoyenne auprès des Alsaciens pour savoir s'il faut « sortir l'Alsace du Grand Est ». — Luc Sorgius
  • L’Alsace doit-elle « redevenir une région à part entière » ? C’est l’objet de la consultation citoyenne lancée par la Collectivité européenne d’Alsace (CEA) ce mardi.
  • Jusqu’au 15 février 2022, toute personne majeure domiciliée en Alsace ou déclarant « y avoir leur attache » peut donner son avis sur la question via une plateforme dédiée.
  • L’initiative a été lancée par Frédéric Bierry, président de la CEA, sur le modèle « des votations suisses ».

La question a le mérite d’être claire. Elle est désormais officiellement posée aux Alsaciens. Jusqu’au 15 février 2022, les habitants du territoire ou toute personne majeure y ayant « une attache » sont invités à dire si, oui ou non, l’Alsace doit sortir du  Grand-Est. La Collectivité européenne d’Alsace (CEA) a lancé une consultation citoyenne sur le sujet ce mardi,  via une plateforme dédiée.

Autant l’écrire tout de suite : peu importe le résultat, l’initiative n’aura pas de « portée juridique ». Comprendre : si le oui l’emporte, encore faudra-t-il que la loi soit modifiée pour rendre les compétences à la seule Alsace, comme c’était le cas avant 2016 et la fusion avec les régions Lorraine et Champagne-Ardenne dans le cadre de la loi Notre.

Le Grand-Est « sans réalité naturelle »

Frédéric Bierry, président de la CEA, le concède : « La consultation a surtout une portée politique. Après, ce n’est qu’une question de volonté politique au niveau national. Si les Alsaciens font un choix massif du oui, je ne peux pas comprendre que les candidats à la présidentielle ne s’en saisissent pas. »

Partisan affiché du oui, l’élu souhaite s’inspirer du modèle « des votations suisses » pour « que nos concitoyens retrouvent une réelle influence sur l’action publique ». A l’initiative de la consultation, Frédéric Bierry s’appuie sur les témoignages recueillis lors de son « tour d’Alsace en 80 jours ». Selon lui, « le Grand-Est apparaît toujours pour les Alsaciens comme un mariage forcé, sans réalité naturelle. »

« Du sens à partir de 100.000 votants »

Afin de donner une assise au résultat de la consultation, Frédéric Bierry espère une participation la plus forte possible : « La consultation aura du sens à partir de 100.000 votants. » Pour autant, pas question pour lui de faire campagne, sauf pour la consultation en elle-même. « Je souhaite que chacun puisse s’exprimer. Si le non l’emporte, je reste au service des Alsaciens et je refermerai le chapitre. » Et si le oui emporte la majorité des suffrages ? Le président de la CEA se veut là aussi très clair : « Nous sommes déterminés à mener le combat jusqu’au bout. Avec la CEA, on a fait le plus dur. Là, il suffira d’une loi pour transférer les compétences de la région Grand-Est à la Collectivité européenne d’Alsace. »

Quitte à passer pour un bûcheron de la vallée de la Bruche, d’où il est originaire : « Chez nous, on dit qu’on est des scies et qu’à force de scier, ça finit par céder ! (sourire) » Avec des scies, il espère bien mettre Paris en bouteille. Ou au moins le futur locataire de l’Elysée dans sa poche.