Le Grand-Est va ouvrir ses lignes ferroviaires transfrontalières franco-allemandes à la concurrence

TRANSPORTS La région Grand-Est va ouvrir des lignes ferroviaires transfrontalières vers l’Allemagne à la concurrence de la SNCF

G.V. avec AFP
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Un TER Alsace. (Illustration)
Un TER Alsace. (Illustration) — G . VARELA / 20 MINUTES

La prise d’effet sera dans trois ans. C’est officiel et cela a été annoncé lors de la séance plénière en visioconférence du conseil régional du Grand-Est. La région sera  la première en France à ouvrir des lignes ferroviaires  transfrontalières à la concurrence de la SNCF, vers l’Allemagne.

Le conseil régional a voté l’engagement de la procédure pour l’exploitation de sept liaisons représentant un total de 525 km au départ de Metz (Moselle), Strasbourg (Bas-Rhin) et Mulhouse (Haut-Rhin) vers les villes allemandes frontalières de Trèves, Sarrebruck, Neustadt, Karlsruhe, Offenbourg et Müllheim, situées dans les Länder de Rhénanie-Palatinat, de Sarre et du Bade-Wurtemberg. L’exploitation est prévue pour le 8 décembre 2024, après l’avis d’appel à concurrence que le conseil régional publiera à la fin de ce mois en commun avec les trois Länder, en vue de désigner les lauréats mi-2023.

« Le marché inclut la reprise du personnel SNCF »

D’une durée de quinze ans, le marché est divisé en deux lots, un au départ de Metz et un de l’Alsace, pour un volume d’exploitation évalué à 6,4 millions de trains-kilomètres par an, dont deux tiers en territoire français. Il constitue une « première en France pour le transfrontalier », a souligné Jean Rottner, président (LR) du conseil régional. Selon l'exécutif de la région, ces lignes représentent un potentiel de développement aujourd’hui sous-utilisé par la SNCF. Le marché, qui inclut la reprise du personnel SNCF, sera ouvert à « tout opérateur, français, allemand ou autre », a ajouté David Valence, vice-président aux transports.

Selon lui et Evelyne Isinger, conseillère régionale déléguée aux mobilités transfrontalières, l’ouverture multipliera l’offre par deux à quatre selon les tronçons, en réponse à une « forte demande », et elle « la créera même » sur les lignes Metz-Trèves et Strasbourg-Karlsruhe, « qui passeront de zéro train en semaine à respectivement 8 et 17 allers-retours par jour ».

Déjà des lignes régionales ouvertes à la concurrence

Pour rappel, le Grand-Est forme un bassin d’environ 12 millions d’habitants et 45.000 travailleurs frontaliers avec les territoires des trois Länder qui lui sont limitrophes. Quant à la question de la compatibilité technique du matériel roulant, elle sera « réglée au préalable », a souligné Jean Rottner, grâce à la commande par la région pour 375 millions d’euros de 30 trains Alstom pouvant circuler indifféremment sur les deux réseaux français et allemand. Toujours selon le président de la région, des investissements pour moderniser les infrastructures seront indispensables. « Ce point ne fait pas partie du marché, mais un accord de 2020 entre l’Etat français et la région Grand-Est en fixe les principes » , a précisé David Valence.

Le Grand-Est a déjà ouvert à la concurrence – procédure en cours – des lignes internes à son territoire, entre Nancy (Meurthe-et-Moselle) et Contrexéville (Vosges), et entre Strasbourg, Saint-Dié-des-Vosges et Epinal (Vosges).