Noël à Strasbourg : Biscuits croquants et tarif insolent, le prix des bredele s’est-il envolé ?

MIAM La hausse des prix des bredele fait surtout grincer les dents des connaisseurs

Luc Sorgius
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Les biscuits de Noël typiques de la région se vendent en moyenne à 4,20 euros le kilo sur le marché à Strasbourg.
Les biscuits de Noël typiques de la région se vendent en moyenne à 4,20 euros le kilo sur le marché à Strasbourg. — Luc Sorgius
  • Au marché de Noël de Strasbourg, les bredele font partie des incontournables. Ces petits biscuits sablés alsaciens se vendent comme des petits pains.
  • Cette année, les connaisseurs ont remarqué une hausse des prix au kilo et cela fait grincer des dents.
  • Les boulangers, qui produisent et vendent eux-mêmes leurs biscuits, expliquent pourquoi ils ne peuvent pas faire autrement.

Une peu de farine, de sucre, une cuillère à soupe de lait, des œufs, du beurre, un zeste de citron… et quelques centimes en plus le kilo. Chaque année, si la recette des bredele reste inchangée et ce depuis des générations, ce n’est pas le cas de son prix. Au marché de Noël de Strasbourg, sur la Terrasse des Rohans, plusieurs boulangeries exposent ces biscuits de Noël alsaciens qui peuvent se décliner en dizaines de variétés. D’un chalet à l’autre, le prix est sensiblement le même : 4,20 euros les 100 grammes de ces délicieux sablés.

Oui mais voilà, les habitués du marché de Noël commencent à grincer des dents devant les tarifs affichés, en hausse constante ces dernières années. Materne Hauk, président de la Fédération patronale de la boulangerie dans le Bas-Rhin, le concède : « Le prix augmente toujours d’un euro le kilo par an. » Mais qu’est-ce qui justifie une telle hausse ?

Dans les couloirs de la fédération, on avance plusieurs hypothèses : « Les prix sont plutôt calqués en fonction de l’inflation, ce n’est pas uniquement lié au Covid. Et tout a augmenté en un an, que ce soit l’électricité, le gaz ou les matières premières. » Autre piste pour expliquer la perplexité devant les tarifs affichés : « Les gens ont l’habitude d’en acheter, ils constatent la différence. Mais c’est un tout qui fait que… »

« Besoin de faire des bénéfices »

Materne Hauk, qui vend également des bredele sur le marché de Noël, abonde : « C’est surtout lié au prix des matières premières. Ce lundi matin, le beurre était à 50 centimes le kilo, soit 10 % de plus par rapport à l’année précédente. Même la farine, dont le prix n’avait pas augmenté depuis des années, a augmenté. »

Gérant de sa propre boulangerie à Reichstett, à une dizaine de kilomètres au nord de Strasbourg, il avance aussi des raisons purement économiques pour défendre les prix en hausse. « Nous sommes des entreprises, et nous avons besoin de faire des bénéfices sinon ce n’est pas possible. Il y a le prix de l’énergie, mais aussi les salaires à payer. Et vu le travail fourni, c’est quand même artisanal, les gens ne sont pas dupes. Donc la marge est importante. »

Des consommateurs partagés

Et qu’en pensent les consommateurs ? Venus de la région de Molsheim, à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg, Gérard et Christiane évoquent le sujet en connaisseurs. « On trouve les bredele très chers, par rapport aux ingrédients notamment. » Comme de nombreux Alsaciens, qui se transmettent le savoir-faire de génération en génération, le couple a trouvé la parade : « On les fait nous-même ! » Pour autant, les quinquagénaires se veulent solidaires avec les boulangers : « Il faut bien qu’ils gagnent quelque chose, pour qu’ils puissent payer l’emplacement du chalet et recruter du personnel. »

Plus loin, Anne-Marie et Augusto sont venus de région parisienne pour faire le plein de magie de Noël et de sablés. « On revient chaque année, et on n’a pas l’impression que c’est plus cher ! En tout cas, ça ne nous a pas choqués du tout, on était plus surpris par la disposition et l’espace entre les chalets​ ! » Les étoiles dans les yeux, c’est bien quelque chose qui n’a pas de prix.