Noël à Strasbourg : Habits chauds et yeux de lynx... Focus sur les agents garants de la sécurité du marché

GLAGLAGLA Coup de projecteur sur les agents de sécurité qui surveillent l'événement par tous les temps

Luc Sorgius
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Au PC sécurité de la place du Château, les agents de la société Astuce Sécurité coordonnent les équipes sur toute la Grande-Île de Strasbourg pour veiller au bon déroulement du marché de Noël.
Au PC sécurité de la place du Château, les agents de la société Astuce Sécurité coordonnent les équipes sur toute la Grande-Île de Strasbourg pour veiller au bon déroulement du marché de Noël. — Luc Sorgius
  • Depuis deux semaines, le marché de Noël anime les rues strasbourgeoises.
  • Pour assurer la sécurité de la Grande-Île, des agents de la société Astuce Sécurité sont déployés autour et dans l'hyper-centre afin de contrôler les allées et venues et les pass sanitaires.
  • Focus sur ces véritables soldats du froid, incontournables dans le bon déroulement des événements.

A Strasbourg, pendant le marché de Noël, ils se font à la fois discrets et incontournables. Postés à chaque entrée et sur quelques points stratégiques de la Grande-Île, ils contrôlent les pass sanitaires, scrutent les va-et-vient et filtrent les passages des véhicules et de visiteurs. Reconnaissables à leurs chasubles, mais aussi aux nombreuses couches de vêtement qu’ils revêtent.

Eux, ce sont les « Astuciens », les agents d’Astuce Sécurité, l’une des sociétés missionnées par la ville de Strasbourg pour intervenir sur toute la durée du marché de Noël. Depuis le PC sécurité situé place du Château, Grégory Guthneck s’occupe « de la répartition des agents, mais aussi de la gestion du quotidien avec les pauses, les remplacements de fin de service et la sécurité à proprement parler ».

« Un marathon plutôt qu’un sprint »

Un mois qu’il faut « jouer comme un marathon plutôt qu’un sprint », estime le responsable sécurité de l’événement. Avec son talkie, il donne ses consignes en temps réel pour le déploiement des quelque 220 agents sur le terrain « sur toute une journée, comprenant les équipes de relève ». Ces derniers œuvrent en coordination avec la police municipale qui, « contrairement au prestataire, est habilitée à verbaliser », note la directrice générale de services de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, Delphine Joly.

Outre les problématiques opérationnelles, se pose la question des conditions de travail des agents, alors que les hivers strasbourgeois ne sont pas réputés pour être doux. Grégory Guthneck affirme accorder une attention particulière à ses troupes : « La prestation dure quand même un mois, il y a un gros volume qui est demandé. Quand on a des gens volontaires et présents, on essaie de prendre soin d’eux. »

D’ailleurs, qui sont-ils ou elles, ces véritables soldats du froid ? « Nous avons des CDI et des CDD, dont des étudiants, mais toutes les personnes embauchées doivent être formées pour avoir l’agrément et obtenir la carte professionnelle pour travailler dans la sécurité », souligne Rachid Abbou Tayeb, le PDG de la société. Particularité cette année : « Nous ne faisons pas de contrôle approfondi. Il y a juste un contrôle visuel, et un contrôle systématique des gros sacs et des valises. »

« Le masque est notre allié »

Les équipes se relayent de 10 heures à 20 heures, avec une pause d’une heure. Quant aux techniques pour braver le froid, elles sont « très simples » selon Grégory Guthneck : « Il faut s’habiller chaudement, ne pas hésiter à superposer les couches, les bonnets et gants sont indispensables et, dans ce cas précis, le masque est notre allié car il réchauffe le visage. » Le responsable sécurité précise que la gestion des troupes se fait « au cas par cas » : « Si besoin, il ne faut pas hésiter à appeler un chef de groupe pour une relève et une petite pause au chaud. »

Sur le terrain, les retours des agents sont plutôt positifs. « Les gens qui travaillent pour nous sont briefés avant. Et les "Astuciens" ont l’habitude du froid », sourit Rachid Abbou Tayeb. Sous couvert d’anonymat, l’un d’eux confie tout de même que « c’est dur, parce que souvent il fait très froid ». Un autre, posté dans l’hypercentre, préfère voir le verre à moitié plein : « C’est sympa, en vrai ! On est bien payé pour le mois, et on a le café à moitié prix au stand d’en face ! »