Le contre-sommet lève le camp au Neuhof

Ludovic Meignin

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L'heure du démontage a sonné pour les pacifistes. Hier sur le terrain de la Ganzau, ils enlevaient les dernières tentes et chapiteaux encore en place. Le champ où ils étaient installés avec l'accord des autorités aura ainsi bientôt retrouvé sa vocation agricole. Il reste encore quelques centaines de personnes sur le site, qui en a accueilli plus de cinq mille le week-end dernier, selon les organisateurs.

Stéphane, 32 ans, est occupé à plier la toile de la grande tente qui faisait office de point d'accueil à l'entrée du village. « C'était ma première participation à un camp comme celui-là », indique-t-il en affirmant qu'il en gardera « un bon souvenir, même si les autorités ont fait l'amalgame entre nous et certains extrémistes minoritaires. Du coup, le moindre truc, comme aller faire des courses, devenait compliqué. On a eu droit aussi aux hélicos équipés de projecteurs qui nous survolaient en pleine nuit. » Il ajoute que les riverains ne se sont pas montrés hostiles. « Des habitants sont venus nous voir et nous guidaient dans le quartier. » Il reconnaît néanmoins que « certains d'entre eux étaient inquiets car ils ont eu des barricades en face de chez eux. » Sans compter parfois des échauffourée et des dégradations. Stéphane « ne cautionne pas ce genre de choses, ni que l'on détruise un bâtiment comme pour la douane du Port-du-Rhin, même si l'on peut être contre ce qu'il représente. »

« Il y avait des gens très bien, mais un groupe était malheureusement là pour faire du mal », regrette Rose, une habitante du quartier du Neuhof où était implanté le village autogéré. « Ce n'était pas de tout repos car on ne peut pas avoir des milliers de personnes sur un terrain sans qu'il y ait des inconvénients. Au début, c'était marrant parce que ça mettait un peu d'animation dans ce quartier habituellement très calme. Je ne regardais même plus "Les Feux de l'amour" à la télé car le spectacle était dans la rue. Mais au bout d'un moment, cette présence est devenue gênante. Et ce qui m'a choquée par exemple, c'est que certains jeunes buvaient beaucoup d'alcool. » Gérard, son voisin, se montre moins sévère. « Moi je trouve qu'ils ont été corrects. Regardez, ils sont en train de ranger. Les nuisances sont davantage venues des hélicos qui tournaient au-dessus du camp à partir de 4 h du matin, que des campeurs. »■