Strasbourg : Une adjointe virée, ça chauffe entre la maire Jeanne Barseghian (EELV) et Catherine Trautmann (PS)

POLITIQUE Le groupe socialiste et la majorité écologiste ne semblent plus être en phase

Thibaut Gagnepain
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Jeanne Barseghian (à gauche) et Catherine Trautmann.
Jeanne Barseghian (à gauche) et Catherine Trautmann. — CHRISTELLE REWIAKO/SIPA
  • Une adjointe, Céline Geissmann, a été débarquée de son poste par la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (EELV).
  • Particularité de cette adjointe ? Elle était issue du groupe PS présidé par Catherine Trautmann.
  • L’actuelle maire de Strasbourg et sa prédécesseur ont souvent eu des relations tendues ces derniers mois.

« Je t’aime, moi non plus. » Voilà comment pourraient se résumer les relations entre l’actuelle maire de StrasbourgJeanne Barseghian et sa prédécesseur (1989-1997), Catherine Trautmann. Un dernier épisode vient encore de l’illustrer.

Lundi, l’édile écologiste a annoncé un petit remaniement de son exécutif. Avec comme principale mesure l’exclusion de Céline Geissmann, jusque-là adjointe à la ville numérique et innovante et surtout… membre du groupe Faire ensemble Strasbourg, présidé par Catherine Trautmann (PS).

« Dans la mesure où les membres de ce groupe affirment ne plus faire partie de la majorité, avoir pris leurs distances ou être des "alliés" au "coup par coup", j’ai demandé à Céline Geissmann de clarifier sa position. Malgré mes demandes répétées, je n’ai pas eu de réponse de sa part qui soit à la hauteur de l’enjeu […] La confiance n’est pas à géométrie variable », a justifié Jeanne Barseghian dans un communiqué, en assurant rester « ouverte au dialogue entre les groupes politiques du conseil municipal ».

Souviens-toi la campagne municipale…

Réponse de la socialiste et ancienne ministre (1997-2000) ? « Qu’une maire crée un conflit de loyauté en prenant en otage une élue à qui elle reproche de voter avec son groupe n’est pas digne du nouveau monde ni même de l’ancien, a-t-elle écrit dans un autre communiqué. Nous n’avons jamais refusé le dialogue et avons fait des propositions pour sortir de l’ornière un intergroupe qui s’avérait être une coquille vide, une illusion de co-construction. Car nous étions prêts à être des partenaires réels et respectés mais pas des alignés couchés. »

Leur alliance était née aux lendemains d’élections municipales 2020 déjà tendues entre les deux camps. Pendant l’entre deux-tours, les deux têtes de liste n’avaient pas trouvé d’accord pour se rassembler et s'étaient rejeté la faute de cette fusion manquée. Avant, finalement, de s'allier juste avant le premier conseil municipal du nouvel exécutif écologiste en juillet 2020. Deux socialistes avaient alors obtenu des postes. Depuis lundi, il ne reste plus que Salah Koussa. Le référent du quartier de Hautepierre « a affirmé se situer pleinement dans la majorité », selon la maire de Strasbourg.

« Je suis sidérée par la brutalité de la décision de Jeanne Barseghian de m’exclure de l’exécutif municipal en me retirant mes délégations et mes missions d’adjointe. Je regrette profondément cette décision unilatérale », a quant à elle twitté Céline Geissmann.