Sommet de l'Otan: «Ils viennent exclusivement pour casser et sont au stade ultime de la bêtise»

ECHAUFFOUREES Robert Herrmann, premier adjoint au maire de Strasbourg s'emporte contre les manifestants...

A Strasbourg, Philippe Wendling

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Des manifestants s'opposent aux forces de l'ordre, dans la banlieue sud de Strasbourg, le 3 avril 2009.
Des manifestants s'opposent aux forces de l'ordre, dans la banlieue sud de Strasbourg, le 3 avril 2009. — W. RATTAY/REUTERS

Pas de pardon. Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de Strasbourg a fermement condamné ce vendredi soir les violences commises depuis deux jours par certains militants anti-Otan dans les quartiers sud de la capitale alsacienne. Estimant néanmoins que les «dégâts sont limités», l’élu a déploré des «événements traumatisants pour les populations et nous nous en excusons. Dès lundi, nous mettrons en place une cellule d’aide aux victimes avec la préfecture.»

A l’origine des débordements, quelque 500 à 600 casseurs habitués de ce genre d’actions et qui «se déplacent de ville en ville» au gré des rendez-vous internationaux. Ainsi selon Robert Herrmann, «des individus sont arrivés aujourd’hui après avoir participé aux manifestations contre le G20 à Londres». La police en aurait déjà appréhendé.

«Les forces de l’ordre resteront en place proportionnellement à la menace»

«Ils viennent exclusivement pour casser et sont au stade ultime de la bêtise.» Une raison suffisante pour qu’ils soient «condamnés lourdement» et que ne soient retenues aucune réserve en leur faveur, y compris «le fait qu’ils soient jeunes ou qu’ils ont des motivations idéologiques. Ils n’ont pas d’autre idéologie que la violence. Ceux sont des voyous qui auraient même pu devenir des criminels quand on voit certaines images», estime Robert Herrmann. Dans son viseur, notamment, les vidéos montrant jeudi soir des individus jetant un poteau en bois dans le pare-brise d’une jeep militaire. Derrière le volant, le conducteur n’a échappé que de peu au projectile.

«Même les altermondialistes non-violents n’arrivent pas à les contrôler, ce qui montre les limites de l’autogestion du camp», a également déclaré le premier adjoint selon qui «les mesures de sécurité mise en place se justifient pleinement». Pour le week-end, pas moins de 9 000 à 10 000 policiers et militaires sont mobilisés à Strasbourg.

Bien que le sommet de l’Otan se finisse demain après-midi, «les forces de l’ordre resteront en place proportionnellement à la menace, c’est-à-dire au nombre de casseurs», explique aussi Robert Herrmann. «S’ils restent, nous ne les laisserons pas soit se venger de ne pas avoir abouti, soit assouvir leur volonté d’en découdre.» De fait, les zones de sécurité, et les filtrages des habitants au centre-ville pourraient être maintenus dimanche, voir au-delà. Les sites du sommet, bien que vides de tout chef d’Etat, continueront eux aussi à bénéficier d’une surveillance particulière.