Le campement autogéré des anti-Otan prend vie

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Un géant en carton-pâte avec une mitraillette factice en bandoulière. Tel un totem, ce mannequin de plusieurs mètres de haut trône à l'entrée du village autogéré des anti-Otan, à la Ganzau. Il symbolise leur opposition à ce qu'ils qualifient de « machine de guerre ».

Les organisateurs, qui tablent sur la présence ce week-end de plus de 5 000 personnes sur le camp, en comptaient déjà hier près de 3 000. « On n'attendait pas autant de monde à cette heure, c'est bon signe », se réjouit Ben. Membre du collectif Dissent, une des organisations présentes sur place, il est chargé d'accueillir la presse. « On vous ouvre le village entre 13 h et 14 h, explique-t-il aux journalistes. Vous avez le droit de travailler mais pas forcément de filmer car il y a des gens ici qui ne le souhaitent pas. » Le fonctionnement lui-même du camp est régi par une règle simple : « Tout le monde est acteur en participant aux décisions et en donnant ce qu'il peut, comme du bois par exemple. » Une vie en communauté s'articulant autour de « barrios » (quartiers en espagnol) où des campeurs se regroupent librement par nationalité, affinité politique ou encore entre amis. Mais le village est aussi le lieu où les anti-Otan définissent leurs actions. Venue du Var avec son compagnon, Christine, 55 ans, a décidé de se joindre au contre-sommet « car je suis profondément altermondialiste, écologiste et antimilitariste ». Et elle n'est pas prête de lever le camp. ■ L. M.