Strasbourg : « Ma mère ne comprend pas »… Comment l’influenceur « simba.qs » est devenu une star de TikTok

RESEAUX SOCIAUX Il compte aujourd’hui plus de 2,8 millions d’abonnés sur TikTok

Thibault Gagnepain
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Benjamin Klein, dit simba.qs sur les réseaux sociaux.
Benjamin Klein, dit simba.qs sur les réseaux sociaux. — Simba.qs
  • En moins de deux ans de présence sur les réseaux sociaux, « Simba.qs » a vu sa notoriété exploser. Il est suivi aujourd’hui par plus de 2,8 millions de comptes sur TikTok.
  • Comment a-t-il fait ? « J’ai essayé plein de choses », rigole-t-il. « Souvent, je me pose à la médiathèque et je réfléchis à des idées. »
  • L’un de ses plus gros succès a été « le jeu de la bouteille », dit « bottle foot ».

C'est écrit sur son profil : « Lion deviendra roi. » En un peu plus d'un an, « simba.qs », pseudo choisi en référence au dessin animé Le Roi Lion et à « son » quartier suisse de Strasbourg, a vu sa popularité exploser sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, Benjamin Klein de son vrai nom, est suivi par plus de 2,8 millions de comptes sur TikTok, et environ 75.000 sur Instagram. Sans oublier Snapchat...

« Oui, ça monte de plus en plus », apprécie le jeune homme de 25 ans, qui s'était lancé dans l'aventure pendant le premier confinement, en mars 2020. Après avoir stoppé prématurément des études en économie-gestion à l'université alsacienne et enchaîné « les petits tafs, à droite, à gauche ». Mais, déjà, le garçon à la casquette retournée et au sourire communicatif avait envie de s'affirmer comme influenceur.

Comment s'y est-il pris ? « J'ai essayé plein de choses », rigole-t-il. « Souvent, je me pose à la médiathèque et je réfléchis à des idées. » L'une l'a mené ses plus gros succès : « le jeu de la bouteille », dit « bottle foot ». Le principe est simple : « simba.qs » pose l'objet en plastique à n'importe quel endroit et lance un ballon en direction d'un passant. Qui doit donc viser et faire tomber la bouteille.

« Beaucoup m'ont ignoré, les gens sont assez fermés ici », avoue le créateur. Heureusement, d'autres ont joué le jeu, parfois avec réussite, parfois beaucoup moins. Des compilations l'attestent. « Oui, j'ai eu quelques ballons à aller chercher dans l'eau mais le jeu a été repris partout et ça m'a permis de bien monter. Deux vidéos ont fait plus de 50 millions de vues ! »

Dans d'autres séquences, fréquentes elles aussi, l'influenceur demande à ses interlocuteurs ce qu'ils préférent entre deux choix. Comme ce joueur de foot ou un autre, ou alors « sauver 50 chiots ou recevoir 500.000 euros », ou encore « vivre une attaque de zombie ou vivre un tsunami » etc. Les répondants sont, la plupart du temps, des jeunes de moins de 20 ans. Voire des très jeunes. « Je demande pas mal aux petits de mon quartier, ils aiment bien », détaille le Strasbourgeois de naissance, très attaché à sa ville. Même si sa notorité naissante pourrait y avoir trouvé ses limites...

« Bottle foot » avec Olivier Giroud

« Il y a plein d'opportunités à Paris pour les gens comme moi, il faudrait que j'y aille mais ma volonté, c'est aller le plus haut possible sans bouger. Il y a tout ici », poursuit celui qui est de plus en plus demandé. « Simba.qs » était ainsi convié par Puma à l'inauguration de son siège à Strasbourg en juillet. Il en avait alors profité pour un petit « Bottle foot » avec Olivier Giroud et d'autres stars de la marque.

Plus récemment, le RC Strasbourg et la SIG, les deux clubs de sport phares de la ville, ont fait appel à lui. Pour une vidéo « tu préfères » avec le footballeur Jeanricner Bellegarde ou simplement pour venir voir un match de basket au Rhénus. « On a gagné instantanément des abonnés grâce à lui, il nous permet de toucher un autre public », se félicite-t-on du côté de la SIG en louant les qualités d'un influenceur « pro, carré, qui fait bien les choses ».

Sans demander d'argent en plus ! « Parce que ça me fait juste plaisir d'y aller », justifie Benjamin Klein en avouant aujourd'hui « [gagner] très bien [sa] vie ». « Je n'ai pas à me plaindre et ce n'est que le début. Je veux me donner à fond et voir jusqu'où je peux aller », dit-il encore en annonçant déjà des vidéos « sur le harcèlement scolaire » ou sur « des expériences sociales ». « Je me dis que c'est bien aussi si mes abonnés tirent quelque chose de ce qu'ils ont vu. J'essaie de prendre du plaisir et je fais attention à ce que je publie. Jamais il n'y aura d'insultes ou de contenu sexualisé. » Mieux, le Strasbourgeois a déjà rendu de fiers services à une famille de sans-abris.

Simba.qs collabore désormais avec le RC Strasbourg.
Simba.qs collabore désormais avec le RC Strasbourg. - Simba.qs

Tout cela lui vaut, quelque fois, d'être reconnu dans la rue. Par ses abonnés bien sûr « surtout des 15-25 ans » mais aussi... leurs mères ! En ce qui concerne la sienne, avec qui le jeune homme vit encore, c'est plus compliqué. « Elle ne comprend pas trop ce que je fais, c'est l'ancienne génération ! Il faudrait que je rentre avec une buche et une hâche pour qu'elle pense que je travaille. » Lui n'a qu'un téléphone, et beaucoup d'idées.