Alsace : Le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg ouvert aux rollers, vélos, trottinettes... dans l'attente des voitures

AUTOROUTE La fameuse section à péage de 24 km est achevée. Mais sa mise en service est suspendue à une décision de justice

Thibault Gagnepain
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Une vue aérienne du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg
Une vue aérienne du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg — Marc Dossmann
  • Le Grand contournement ouest de Strasbourg est presque achevé. L’autoroute de 24 km pourrait accueillir du trafic en décembre… sauf qu’elle n’en a pas le droit pour l’instant.
  • Une décision de justice doit être rendue ce jour-ci et pourrait autoriser une mise en service.
  • En attendant, Vinci et sa filiale Arcos, le constructeur-concessionnaire, organise différents événements pour promouvoir ce GCO. Les opposants dénoncent des opérations de greenwashing.

Plus de 1.500 véhicules de collection dimanche dernier. Des piétons, vélos, trottinettes, rollers attendus ce week-end… Les 24 kilomètres du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, cette autoroute sensée désengorgée l'A35 qui traverse la capitale alsacienne, sont presque terminés et son opérateur tient à le faire savoir.

« Nous faisons souvent des portes ouvertes destinées au grand public avant les ouvertures de tracé », explique Jean-Luc Fournier, le directeur communication projets de Vinci Autoroutes, en charge du projet via sa filiale Arcos. « Dans ma carrière, ça doit être mes troisième ou quatrième. » Sauf que cette fois, le contexte est particulier : la mise en service de ce tronçon si contesté n’est toujours pas autorisé.

En juillet dernier, le tribunal administratif de Strasbourg avait exigé des études complémentaires et une nouvelle enquête publique. En clair, l’Etat avait dix mois pour rédiger de nouveaux arrêtés et régulariser la situation. Où en est-on aujourd’hui ? Une partie de la réponse devrait se jouer ces jours-ci. Ce mercredi, une audience est prévue devant la cour d’appel de Nancy. Le constructeur-concessionnaire l’a sollicitée afin de « décorréler les études complémentaires de la date mise en service », dixit Fournier.

Des mesures compensatoires scrutées

« La décision devrait être mise en délibéré pendant quelques heures ou quelques jours », éclaire Stéphane Giraud, le directeur d'Alsace Nature. « Puis le juge dira si le GCO peut ouvrir, ou non, dès que les travaux seront finis. Si c’est le cas, on pourra toujours se pourvoir en cassation. »

L’association, qui lutte depuis le début contre ce GCO, compte poursuivre son combat jusqu’au bout. Plus du tout pour éviter les travaux, qui ont duré trois ans et se résument désormais à des finitions, mais pour obtenir le maximum de compensations possibles. « Il va falloir qu’ils tiennent promesse sur les mesures annoncées car on sera présent encore des dizaines d’années. »

« Nous avons mis en place des passages pour la faune, recréé des zones humides, racheté 80 hectares de forêt et nous indemnisons des agriculteurs pour qu’ils plantent des cultures favorables au grand hamster d'Alsace », énumère de son côté Jean-Luc Fournier en assurant que son entreprise tiendra ses engagements. Au moins pendant toute la durée de la concession attribuée par l’Etat, soit jusqu’en 2070.


D’ici-là, quelques voitures, et surtout camions, devraient avoir emprunté ces fameux 24 km. Entre 22.000 et 34.000 véhicules y sont attendus par jour, selon les trois sections dont une gratuite de deux kilomètres au sud. Pour les deux autres, le tarif n’est pas encore connu. « Les prix médians sont autour de 3,70 euros pour un véhicule léger et 9 euros pour un poids lourd de classe 4. Et ce sera plus cher aux heures de pointe », détaille encore le représentant de Vinci, toujours en pleine préparation des fameuses journées portes ouvertes de ce week-end. Intitulées « L’autoroute est à vous ».

« Pour un tronçon payant, il fallait oser », grince le directeur d’Alsace Nature en dénonçant « une opération de séduction pour faire croire au juge que tout Strasbourg revendique son attachement au GCO ». D’autres associations, avec le collectif « GCO Non merci » appelle au boycott de l’événement.