Strasbourg : « Insécurité » ou « retour à une vie normale »... Le dispositif de surveillance du marché de Noël divise

VOTRE VIE VOTRE AVIS Les lecteurs de « 20 Minutes » ne se montrent pas tous rassurés par la sécurité envisagée lors du prochain « Christkindelsmärik » de la capitale alsacienne

Thibaut Gagnepain
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Sur la place Broglie, l'un des grands lieux du marché de Noël de Strasbourg.
Sur la place Broglie, l'un des grands lieux du marché de Noël de Strasbourg. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Le dispositif de sécurité du prochain marché de Noël de Strasbourg a été dévoilé la semaine dernière, avec la fin des check-points au profit de contrôles aléatoires dans le centre-ville.
  • Les lecteurs de 20 Minutes sont évidemment partagés sur ces mesures. Une majorité d’entre eux dit ne pas s’y sentir en sécurité et donc ne viendra pas admirer le sapin de Noël et les chalets.
  • D’autres se réjouissent de retrouver l’événement, après l’annulation de l’an dernier. « On a tous envie de juste profiter des stands, lumières et magie de Noël sans penser aux malheurs du monde qui nous entoure… »

Le grand sapin est arrivé, les illuminations sont en pleine installation et les chalets ne devraient plus tarder… Dans à peine trois semaines, le 26 novembre au soir, le marché de Noël de Strasbourg ouvrira ses portes. Dans un contexte particulier : un an après l’annulation, toujours en pleine crise du Covid-19 mais aussi trois ans après l’attaque terroriste qui l’avait endeuillé.

Vous y sentirez-vous en sécurité ? L'appel à contributions lancé aux lecteurs de 20 Minutes permet de mieux cerner l’opinion générale après l'annonce du nouveau dispositif. Avec, sans grande surprise, deux camps qui s’opposent. Dont un majoritaire où la crainte domine.

« Nous sommes pleins d’amis à ne pas y aller : insécurité, pandémie, odeur de bouffe, etc. », énumère Marie, rejointe par Nathalie. « Je le déconseille à mon entourage. […] Les trams et bus ne sont pas assez sûrs. En plus, avec le virus qui remonte, tout le monde ne portera pas le masque. Le marché de Noël, ce n’est plus comme avant, il y a trop d’agressions et de non-respect. »

Les check-points « étaient faciles à contourner »

Une vision assez sombre et que les nouvelles mesures mises en place cette année n’ont visiblement pas atténuée. La fin des check-points à l’entrée de la Grande île, remplacés par des contrôles aléatoires en centre-ville, divise là encore. « Ils ne servaient de toute façon à rien car ils étaient très faciles à contourner et étaient très contraignants au quotidien », raille Delphine, en faisant référence à leurs horaires de fonctionnement (de 11 heures à 20 heures).

« Je me sentais plus en sécurité avec les check-points », lui répond Dorothée en s’interrogeant si leur suppression est liée à « un manque de personnel ». Pas vraiment à en croire le discours de la préfète du Bas-Rhin. Josiane Chevalier a indiqué cette semaine que « plus de 700 personnes toutes forces de sécurité confondues seront mobilisées » pendant ce fameux « Christkindelsmärik ». Non, l’abandon de ces points de contrôle fixes répond plutôt aux volontés d’éviter de longues files d’attente mais aussi de faciliter la vie des habitants. Eux qui étaient parfois fouillés matin et soir et dont la plupart avaient exprimé un certain ras-le-bol.

« Je me promènerai en toute quiétude tout en restant vigilant »

« Cela nous permettra, nous Strasbourgeois, de circuler à un rythme normal dans notre centre-ville. Terminé les retards à nos rendez-vous », se félicite ainsi Catherine. Plus mesuré, Brice pointe, lui, le « mauvais rôle » attribué aux voitures. Que les résidents du centre-ville n’auront pas le droit de stationner à leur place habituelle pendant un mois. Sans oublier que l’accès à la Grande île sera filtré, avec quatre points d’entrée et deux de sortie.

Mais ils pourront désormais accéder à leur domicile grâce aux trams, dont tous les arrêts seront desservis, hormis place Broglie. « Ils sont indispensables pour la fréquentation et l’accès pour tous au centre-ville », réagit Delphine, satisfaite du nouveau dispositif annoncé. Comme Jacques : « Je pense que le maximum a été fait pour la sécurité et le bon déroulement de cette manifestation, les différentes leçons et événements passés ont été pris très au sérieux. Mais malheureusement, comme chacun le sait, le risque zéro n’existe pas. Je me promènerai en toute quiétude sur ce marché tout en restant prudent et vigilant et accepterai volontiers les contrôles nécessaires. »

Notre dossier Noël

Il y croisera peut-être Juliette, à l’enthousiasme communicatif. « Quel bonheur de retrouver le marché de Noël de la capitale alsacienne ! Je trouve que ces nouvelles façons de procéder insistent sur le retour à une vie normale et vont dans le sens d’un moment de partage, de plaisir, de détente qui accompagne le marché », lance-t-elle. « On a tous envie de juste profiter des stands, lumières et magie de Noël sans penser aux malheurs du monde qui nous entoure… »