L’Eurométropole de Strasbourg adopte la ZFE « la plus ambitieuse de France »

CIRCULATION Le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg, réuni ce vendredi pour débattre sur la ZFE et son échéancier avant son adoption, a été vivement disputé. Finalement adoptée, elle débutera dès le 1er janvier 2022

Gilles Varela
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Un panneau annnonçant une limitation de la vitesse sur une autoroute près de Strasbourg en raison de la pollution de l'air, le 12 décembre 2013
Un panneau annnonçant une limitation de la vitesse sur une autoroute près de Strasbourg en raison de la pollution de l'air, le 12 décembre 2013 — Frederick Florin AFP
  • L’enveloppe des aides financières pour la mise en place de la ZFE est passée de 15 millions à 50 millions d’euros.
  • Le calendrier des interdictions s’étale jusqu’au 1er janvier 2028 avec des étapes progressives pour chaque catégorie de vignettes Crit’Air, même la Crit’Air 2 alors qu’elle n’est pas concernée par la loi Climat et résilience.

 

Si les échanges entre élus ont été courtois, ils n’en ont pas moins été vifs et clivants. Les élus de l’Eurométropole de Strasbourg se sont exprimés pendant près de cinq heures ce vendredi sur la  Zone à faibles émissions (ZFE). Qualifiée par la majorité comme « la plus ambitieuse de France », tant par l’étendue sans concession de son périmètre que par le nombre de voitures qu’elle concerne, le conseil entièrement dévolu à son application a été le théâtre d’âpres débats. Si tous se sont dits convaincus par la nécessité d’une ZFE et de lutter pour améliorer la qualité de l’air, c’est comme attendu, l’intégration au calendrier à l’échéance de 2028 des véhicules aux vignettes Crit’Air 2, voire la possibilité d’avancer cette date à 2025, qui a fortement divisé l’assemblée.

La question de la vignette Crit’Air 2, qui concerne environ 35 % du parc automobile de l’agglomération strasbourgeoise, parfois plus du double dans certaines communes comme l’ont souligné à plusieurs reprises certains maires, n’a pas permis de trouver un terrain d’entente, d’autant plus que la loi Climat et résilience ne les concerne pas. Des maires dont la commune est située proche des axes autoroutiers ont expliqué qu’il serait difficile de faire comprendre à leurs contribuables de lâcher leur voiture Crit’Air 2 alors que l’autoroute bordant la commune, véritable vecteur de pollution de l’air, reste autorisée au trafic routier international, sans restriction.

Si du temps pour la réflexion a été demandé, le manque d'une véritable concertation a été reproché et l’accompagnement financier pour l’aide à la transition une nouvelle fois revenu sur la table. L’assemblée, qui est restée profondément divisée, a voté après une mise au point de la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs. Sans surprise, la ZFE, son calendrier et les 50 millions d’aides pour accompagner les particuliers et les professionnels, a été adoptée par 66 voix pour, 26 contre et 5 abstentions. Sa mise en place (progressive) sera effective dès le 1er janvier prochain.