Un étonnant cabinet de curiosités

Philippe Wendling

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Sous une verrière maculée d'une couche noirâtre, un amoncellement de bibelots et de meubles portent, eux aussi, les stigmates du temps. Fermé depuis vingt-cinq ans, le hall d'entrée du 24, rue du Vieux-Marché-aux-Vins accueille à nouveau le public pendant trois jours.

Siège d'une banque de sa construction, en 1897, jusque dans les années 1970, le bâtiment fut ensuite racheté par un antiquaire qui ambitionnait d'en faire une salle des ventes. Problème : n'étant pas associé à un huissier ou à un notaire, conformément au droit local, il ne put concrétiser son rêve.

De 1984 à sa mort, il y a quelque mois, il n'utilisa le lieu que pour stocker une montagne d'objets hétéroclites. Quelques-uns seront vendus aux enchères sur place, demain, de 9 h 30 à midi. Exposés depuis hier, ils sont encore visibles aujourd'hui de 14 h à 20 h.

« Nous avons voulu faire la vente ici pour des questions de logistique, mais également pour que l'endroit continue de vivre son histoire », explique Philippe Lustig, directeur de l'hôtel des ventes des notaires de Strasbourg. Avec son équipe, ils ont mis près d'une semaine pour trier les stocks de l'ex-brocanteur. « Nous sommes pleinement dans notre métier, qui n'est pas de proposer des Rembrandt, explique-t-il, mais des objets plus simples, des curiosités. »

Parmi celles-ci, un tournebroche de la fin du XIXe siècle monté sur un mécanisme d'horlogerie, mis à prix 60 euros, ou encore des accessoires de dentiste, proposés à partir de 120 euros. Une seconde vente aux enchères devrait être organisée dans les mois à venir, à moins que le lieu, également à céder, trouve d'ici là un acquéreur. ■