Les étudiants sur une ligne dure

Ludovic Meignin

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La multiplication des actions contre les réformes dans l'enseignement supérieur. Tel est le mot d'ordre lancé, hier, par la Coordination nationale étudiante (CNE). Une centaine de ses membres se sont réunis au Patio (Esplanade), dans une salle rebaptisée « amphi Julien Coupat ». Plus aucun cours ne s'y déroule, le bâtiment étant bloqué depuis cinq semaines. Cette action de contestation, l'une des plus emblématiques à l'Université de Strasbourg, s'ajoute à l'occupation de certains bâtiments des sciences, selon les organisateurs. Un mode de revendication que la CNE encourage. « Nous appelons à la poursuite et à l'amplification du blocage des universités », a notamment déclaré Ludivine Colas, une porte-parole de la coordination, tout en condamnant « ca­té­goriquement la répression actuelle des mouvements sociaux ».

La CNE a également pris position sur la tenue du sommet de l'Otan à Strasbourg, les 3 et 4 avril. Il va entraîner, dès vendredi soir, la suspension pendant une dizaine de jours des enseignements. « Nous nous prononçons contre la fermeture à cette occasion de l'université en lutte », a indiqué Tristan, autre porte-parole de la CNE. En marge de la réunion, Jean-Noël Sanchez, maître de conférences en espagnol, s'est réjoui de la tournure prise par le mouvement. Pour lui, grâce à la multiplicité des actions de contestation, dont l'université hors les murs, « le grand public semble avoir perçu qu'il ne s'agit pas d'un mouvement corporatiste ». Dès ce matin, ce sera au tour de représentants d'enseignants, ainsi que de chercheurs et de personnels Biatos venus de toute la France, de se réunir au Patio. ■