Strasbourg : L’opéra doit-il disparaître du centre-ville ?

URBANISME Une nouvelle fois, l’avenir du bâtiment emblématique de l’Opéra à Strasbourg est en question. Le conseil municipal recevait lundi le rapport de la mission d’information et d’évaluation

Gilles Varela
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L'Opéra de Strasbourg, place Broglie. (Archives)
L'Opéra de Strasbourg, place Broglie. (Archives) — G. VARELA / 20 MINUTES

Le bâtiment de l’Opéra national du Rhin, pièce maîtresse de la place Broglie à Strasbourg, célèbre pour ses colonnes classées aux monuments historique depuis 1921, et sa salle à l’italienne, est-il en mesure d’accueillir l’opéra du XXIe siècle ? La question est une nouvelle fois posée même si la présentation du rapport de la Mission d’information et d’évaluation (MIE) sur l’avenir de l’opéra a permis de recueillir de précieuses préconisations. Rapport approuvé par un vote à l’unanimité lors du dernier conseil municipal.

Voilà plus de vingt ans que le bâtiment présente de sérieuses limites. L’accueil du public est d’ailleurs déconseillé par les commissions de sécurité depuis 1997. L’exiguïté du lieu, qui limite le nombre de places, engendre aussi de grandes contraintes techniques. Pourtant l’opéra fait officiellement partie des cinq opéras de région en France.

Une difficile décision

Pour parer à l’urgence, toutes les équipes municipales successives ont réalisé des travaux. Avec une mise en sécurité partielle en 2005 et l’ajout d’un bâtiment et de deux escaliers provisoires. Puis entre 2010 et 2012 avec le renforcement des systèmes de levage au-dessus de la scène et la rénovation de la toiture et de la galerie des colonnes. Mais le temps n’arrange rien à l’affaire, et l’urgence réclame une décision, rendue difficile par les enjeux financiers et culturels.

La façade de l'opéra place Broglie à Strasbourg.
La façade de l'opéra place Broglie à Strasbourg. - REMY JEAN-FRANCOIS/SIPA

Construire un nouveau bâtiment, mais dans ce cas sur quel site et que faire du bâtiment historique qui de toute façon devra être rénové ? Se limiter à restructurer et agrandir le bâtiment actuel malgré les contraintes d’espace ? Aucune équipe municipale ne s’est véritablement lancée dans l’aventure. La « patate chaude » revient donc à Jeanne Barseghian (EELV).

« On parle d’un montant de 400 millions d’euros »

Avec le rapport de la MIE, « on y voit beaucoup plus clair, pour autant la question de décider maintenant ne se pose pas encore », a martelé la maire. Des questions de fond doivent être tranchées : « Qu’est-ce qu’un opéra au XXI siècle ? Quel est le projet culturel en lien avec les autres équipements culturels de la ville ? Quelles synergies à l’échelle régionale, transfrontalière, européenne ? Des questions supplémentaires qui vont permettre définir une méthodologie, assure la maire. Il y a des décisions de mise en sécurité des usagers et des personnels urgentes à prendre. Dès 2022, il faudra engager des fonds en ce sens ».

Quant au choix d’un agrandissement ou d’un nouveau bâtiment, il sera opéré « durant ce mandat, promet la maire. On parle quand même d’un montant de 400 millions d’euros, la moitié des investissements de la ville de Strasbourg. »

Et pour y arriver, l’équipe municipale pense à un modèle économique et financier multipartenarial. Mais « on n’est pas encore au bout des questions, on doit encore pousser les réflexions », répète Jeanne Barseghian. Finalement, en cette fin 2021, le mystère de l’opéra reste (presque) entier.

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